Fier comme un paon, plumé par nos dirigeants.

Le mouvement des Gay Pride a commencé aux États-Unis dès 1970.  La manifestation portait alors le nom de Gay Liberation Day.  La revendication était claire : exiger la dé-pénalisation de l’homosexualité.  En 2010, la cause a énormément évoluée.  Le Canada se distingue d’ailleurs des États-Unis par une égalité complète entre homosexuels et hétérosexuels, le mariage et l’adoption étant désormais autorisés.  Les manifestations sont devenues des défilés festifs et colorés.  L’apparition de festivals gay et lesbien ont transformé la marche de jadis en une parade carnavalesque servant aujourd’hui de simple clôture à ces événements.

Le défilé de la fierté gaie de Montréal existe depuis 1979.  Bien que le contexte social ait changé, l’objectif de cette manifestation citoyenne aurait dû rester la même : contrer les préjugés entourant l’homosexualité.  Cette année, elle a plutôt servie de prétexte à un concert de Joe Bocan ainsi que d’un meet market de gars en bédaine sous le ciel perséidé de la métropole.

En temps normal, je ne crois pas être ce qu’on pourrait qualifier d’activiste.  Seulement, il est faux de penser qu’à notre époque, l’heure est constamment à la fête.  Oui, il est possible de vivre ouvertement gai à Montréal sans risquer de se faire pendre comme en Iran.  Mais vivre sa réalité est-elle aussi confortable en région ?  Qu’en est-il de l’enseignante en mathématiques « vieille fille » de Rimouski ?  Du plombier « vivant chez sa mère » de Jonquière ?  Même le jeune adolescent fréquentant pas plus loin que la polyvalente de Saint-Jérôme…  Est-il aussi facile pour ces personnes de vivre leur orientation sexuelle au grand jour sans la protection illusoire d’un ghetto ?

Cette année, on a annoncé en grande pompe dans tous les médias que pour la première fois, des directeurs d’école se joindraient à la marche de Montréal pour symboliser leur soutien face à la communauté en fête.  Un sacrifice très touchant compte tenu qu’il se déroule probablement en plein milieu de leurs vacances.  Mais tout au long de l’année scolaire, quelles actions ces directeurs posent-ils dans leurs écoles afin d’éliminer l’intimidation des jeunes en pleine quête identitaire face aux préjugés homophobes de leurs camarades de classe ?

Il est toujours aussi agréable de voir des politiciens défiler entourés de drapeaux arc-en-ciel sur le boulevard René-Lévesque.  Mais que font-ils de concret une fois leur plan de relation publique gay-friendly terminé ?  Pourquoi ont-ils laissé les conservateurs de Stephan Harper, en particulier le ministre de l’Immigration Jason Kenney, enlever toute référence aux droits des homosexuels dans le guide de la citoyenneté canadienne ?  Celui qui s’est fortement opposé au mariage gai a volontairement supprimé les quelques lignes du guide distribué aux nouveaux arrivants qui faisaient mention, entre autres, que l’homosexualité avait été décriminalisée au Canada en 1969, que la Charte des droits et libertés interdisait la discrimination en vertu de l’orientation sexuelle et que les mariages entre conjoints de même sexe étaient légaux depuis 2005.

Parallèlement à tout ça, j’ai hâte au jour où j’aurai le droit de donner du sang.

P.S. : Pour une fois, ce billet ne se veut pas très drôle.  Par contre, pour être émotif…  Ça, il l’est !

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