Beach party « à la Minogue ».

La question qui tue toute envie de confidence autour d’un déjeuner-causerie le dimanche matin :

– Pis Antoine, comment vont les amours ?

– Absentes.

– Oh…  Il rougit !  Antoine est en amour !!!

– Non !  Je viens de m‘étouffer avec une saucisse italienne !

Pourquoi il faut toujours qu’on me pose cette foutue question ?  Et puis pourquoi « les » amours ?  Je suis désolé, mais je ne suis pas du type « harem » et je n’envisage pas de tromper qui que ce soit avec le premier venu, sous prétexte que je veux conjuguer le mot « amour » au pluriel.

Depuis un mois, ma vie se résume à trois activités bien précises : travailler, déjeuner et espionner un serveur du Café Starbucks.  Je commence à trouver tout ça un peu redondant…  J’ai besoin de challenge, d’être vivant et de me sentir partie prenante d’une génération en ébullition.

Une marche downtown pour me calmer les esprits (« les amours », non mais franchement !) m’a permis d’assister à ce qui semblait clairement être un flash-mob secret en hommage au dernier clip de Kylie Minogue.  Sans hésiter, je me suis rapidement déshabillé lascivement et un collègue nudiste m’a tendu un berlingot de mélasse que je n’ai pas hésité à me verser sur tout le corps ; ça m’a donné plus de souplesse pour pratiquer mes mouvements de danse contemporaine juché sur une borne fontaine.  C’est toutefois en entonnant le premier refrain de la chanson All The Lovers qu’un autre danseur, tout aussi mélassé, m’a pris par le bras pour me demander de me calmer, que le temps n’était pas à la rigolade.

En marge de l’ouverture du Congrès mondial de l’énergie Montréal 2010 réunissant un grand nombre des principaux magnats du pétrole, Greenpeace a invité la population à se joindre à eux pour dire aux entreprises énergétiques que leurs « énergies sales » n’étaient plus les bienvenues.  La manifestation environnementaliste était intitulée Beach party marée noire, en référence au récent désastre environnemental provoqué par le déversement de pétrole dans la mer du Mexique.

Sujet chaud de l’actualité, plusieurs étaient également sur place pour s’opposer à l’exploitation des gaz de schiste.  Une exploitation qui a pris tous les habitants des municipalités concernées par surprise.

Où est l’urgence ?  Pouvons-nous se parler un instant ?  Pourquoi le gouvernement libéral brade-t-il les ressources naturelles du Québec ?  Le dialogue est rompu et on sent, comme citoyen, que l’on n’a aucun recours.

N’est-il pas l’heure pour nous d’enclencher une deuxième révolution tranquille, celle de l’indépendance aux énergies fossiles ?  Le monde a besoin d’une révolution énergétique fondée sur les énergies propres.  Il faut aller au-delà du pétrole et ne pas s’engluer dans les énergies du passé.

De retour chez moi, j’étais aussi vidé et exténué qu’après le dernier G20 de Toronto.  Je n’ai peut-être pas été enfermé dans une prison pendant 48 heures, mais j’ai été attaqué par des centaines de guêpes voulant se délecter du nectar sucré et brunâtre qui recouvrait ma peau.  Tel un canard ayant perdu toute dignité dans une marée de pétrole déversée, je me suis fait laver avec du savon Dawn par le gentil serveur du café Starbucks.

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