Ce qu’il fallait démontrer.

« Le Gala de l’ADISQ, ma soirée sacrée en tant qu’amateur de musique québécoise !!! »

Ça, c’était il y a dix ans.

« Céline va-t-elle être là cette année ?  Qui chantera le medley des chansons de l’année ?  Kevin Parent est toujours drôle dans ses remerciements…  Naturel et tout croche !  Annie Major-Matte sera-t-elle consacrée révélation de l’année ?  Un hommage, UN HOMMAGE !  Je braille tellement pendant la remise du Félix hommage ! »

La soirée du Gala de l’ADISQ était si importante pour moi.  Je me réunissais avec mes amis, on se faisait livrer de la pizza…  Big time assuré !

Toute chose a une fin, qu’elle soit bonne ou non.  Depuis quelques années, je regarde le Gala du coin de l’oeil, avec scepticisme.  Plusieurs raisons ont changé mon attitude face à cette organisation qui fête cette année son 32e anniversaire.  Je sais aujourd’hui ce qui se cache sous l’acronyme « ADISQ », l’association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo.  Un syndicat camouflé voué à défendre les intérêts de ses membres et à promouvoir leurs produits.  Qualifier le Gala de l’ADISQ de « fête de la musique d’ici » est une grande erreur.

Inscrire son disque ou son produit dans une des catégories coûte 85 $.  Mais pour cela, il faut également être membre de l’association, ce qui demande de débourser un montant supplémentaire de 1 320 $ par année.  C’est beaucoup d’argent pour un artiste.  Un disque qui n’est pas accompagné d’une cotisation ne mérite pas qu’on lui accorde de la visibilité.  C’est logique, mais la plupart des gens qui regardent le gala ne le savent pas.  On leur dit que le meilleur disque dans la catégorie pop/rock est celui qu’ils ont déjà acheté.  Ils ont du goût, mais comment auraient-ils pu se tromper ?  On l’a fait jouer partout, sur toutes les radios, même dans les publicités de téléromans diffusées au réseau TVA !

Il est à noter que les Grammys, récompenses musicales ultimes chez nos voisins américains, n’imposent aucune cotisation de la part d’éventuels nommés, un phénomène qui se répète d’ailleurs sur tous les continents.

On reproche à l’ADISQ d’être trop « grand public ».  Il ne s’agit pas ici d’uniquement valoriser la musique underground ou dite indie.  Ne suis-je pas moi-même un grand amateur de musique pop ?

Il serait intéressant d’ouvrir les barrières, voir la culture musicale québécoise dans son ensemble : une culture différente et ouverte sur la variété.  Assister à un Gala où des Maxime Landry, Marie-Mai, Mes Aieux pourraient côtoyer des Beast, Fred Fortin, Misstress Barbara…  Une vitrine exposant le meilleur de la musique d’ici, toutes catégories représentées.  Car oui, il se fait de la bonne musique électronique au Québec, mais le grand public le sait-il ?  Quelle station de radio ou réseau de télévision commercial fait jouer les chansons de Ghislain Poirier ?  Au Québec, aucun.  Pourtant, le gars est très reconnu en Europe.  Il me semble que, si ça ne suffit pas pour remporter un Félix, ça mérite au moins une nomination.

Je prédis que les gagnants du Gala de l’ADISQ 2010 verront leur disque de retour dans le palmarès des meilleures ventes la semaine prochaine.  CQFD.

Publicités

Quelle est votre émotion :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s