Le destin d’Émilie Simon.

Il y a des amitiés qu’on oublie.  Pour des raisons obscures, certaines relations tombent dans un vortex, un trou noir temporel sans qu’on ne s’en aperçoive vraiment.  On change de travail, notre cercle d’amis se modifie, certaines personnes déménagent…  Tranquillement, elles disparaissent de notre news feed Facebook…

Et un jour, dans le coin supérieur droit de l’écran d’ordinateur, le réseau social le plus populaire (dangereux, mesquin, addictif) te propose de devenir ami avec cette personne qui comptait tant pour toi, jadis.

La claque.  La fin de l’amitié est donc confirmée.

Au départ, l’orgueil s’en mêle.

  • Depuis quand ne suis-je plus ami avec cette personne ?
  • Quelle en est la raison officielle ?
  • Y a-t-il eu un communiqué de presse lancé à cet effet ?
  • … Osti de cave !

Ensuite, la curiosité.  Tu cliques sur son nom, regarde ses informations.

  • Oh, il travaille encore à la même place…  Y’a pas full évolué !

Tu veux regarder ses photos.

  • Cochonnerie, elles sont barrées au public.

Tu vérifies quels amis vous avez en commun.

  • Pourquoi untel est encore ami avec lui et pas moi.  Kessé que je lui ai fait ?

Et un jour, tu croises cette même personne dans la rue.  Tu la salues, y’a un léger malaise…  Mais au fil de la conversation, tu retrouves la dynamique d’antan, le bonheur, la joie…

Pourquoi est-ce que j’ai l’air de vous faire une psychanalyse de mes relations amicales ?

La semaine dernière sortait le cinquième galop en studio d’Émilie Simon, Franky Knight.  Un peu échaudé par son dernier album anglophone sorti il y a un peu plus d’un an, j’avais quelque peu laissé tomber l’auteure-compositrice-interprète que je chouchoutais pourtant depuis son premier essai éponyme en 2003.

Je l’avais « deleté » de mes amis Facebook !

Mais à l’écoute de ce court, mais efficace Franky Knight, je retrouve l’émotion des débuts.

L’histoire entourant la conception de l’album n’est pas banale.  Alors qu’elle écrivait un journal intime musical en mémoire de son amoureux brutalement décédé de la grippe A H1N1, Émilie Simon est contactée par l’écrivain David Foenkinos.  Ce dernier lui propose de créer la bande sonore de La Délicatesse, l’adaptation cinématographique de son livre à succès qu’il réalise avec son frère Stéphane.  La musicienne décida donc d’entremêler les deux projets.

Sur le plan musical, l’album se révèle moins électro, plus boisé et cuivré que le pesant The Big Machine. Plus humain, teinté de blues, Franky Knight sied parfaitement à l’univers raffiné de la compositrice.

Les dix titres ne manquent pas de variété.  Mon chevalier, le morceau inaugural qui s’ouvre au xylophone, glace autant qu’il séduit par sa mélancolie.  Le dansant Frankies Princess impose par sa ligne de basse, ses programmations électro frétillantes et autres cuivres luxuriants.

D’une hauteur qui lui confère une profondeur, la voix d’Émilie Simon donne le ton à cet album d’une beauté triste.

À défaut d’avoir « addé » Émilie sur Facebook, je la « follow » désormais sur Twitter !

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