Hiver Mile-End.

« Ma » est un adjectif possessif féminin singulier.  Il est fréquemment utilisé dans le langage courant.

« MA » est un sigle donné au titulaire d’une maîtrise en arts, grade d’études universitaires de 2e cycle.  (Et non, je ne donnerai pas mon opinion sur le débat entourant la hausse des frais de scolarité au Québec.)

« M.A. » est parfois utilisé comme abréviation de la maladie d’Alzheimer.  (Le fléau du 21e siècle.)

« MA » signifie « Madagascar » dans la liste (désuète) des codes pays utilisés par l’OTAN.  Olé.

Le « ma » est une notion japonaise définissant le rapport espace/temps dans la création.

Au Pérou, le mot « ma » n’aurait aucune signification précise.  Leur faune est cependant remplie de condors.  Ça, c’est beau rare.

« M.A. », ce sont les initiales d’Ariane Moffatt inversées.

« MA », c’est aussi le titre de son nouvel album en magasin ce lundi.

Depuis une semaine, il pleut des critiques positives, voir dithyrambiques sur son quatrième essai (en excluant Trauma, un album de covers acoustiques issues de la télé-série du même nom).  Mais lorsque les critiques dites « intellos » se passent le mot pour être unanimement pâmés sur le même truc, je suis habituellement d’un avis contraire.  Pas tant par soucis de snobisme.  Ce n’est que le fruit d’un pur et malheureux hasard.

Ariane Moffatt semble être THE thing, la coolness du coolness de la semaine et ça m’effraie.  Je l’aime beaucoup, je ne voudrais pas que ça arrête.  En écoute complète sur son site officiel depuis le week-end, j’ai pu tranquillement me familiariser avec LA chose.

Aux premiers abords, MA est très hermétique, un peu froid, voir aseptisé.  Il n’est jamais facile d’entrer dans l’univers cérébral d’Ariane Moffatt; elle nous sort constamment de notre zone de confort.

Cet album est le fruit de plusieurs mois de bidouillages et de gribouillages en solitaire.  Aussi tribal puisse-t-il être par moment, MA a essentiellement été bricolé par une seule personne.  Ariane Moffatt joue tous les instruments que l’on entend sur l’album qu’elle a également réalisé et coproduit.  Est-ce qui donne ce petit sentiment d’étouffement ?  Peut-être.  Mais sur la longueur, ce défaut devient une des belles qualités de ce nouveau disque.

La chanson qui ouvre l’album, Walls Of The World, combine une ligne de guitare hypnotique sur des mots évoquant l’invisible frontière entre la vie et la mort.  In Your Body rappelle les ambiances de Goldfrapp grâce à un synthétiseur abrasif.  La musique devient acoustique sur Artifacts, une ballade saisissante sur les non-dits qui s’accumulent dans le couple malgré la plus profonde intimité…

Les thèmes ne sont pas joyeux.  Par contre, l’album reste profondément ancré dans la tradition pop et parvient à rester bien en équilibre.  Le passage constant entre la langue française et anglaise contribue également à maintenir cet étrange équilibre.

MA, c’est un beau résumé d’un après-midi passé dans un café Starbucks du Mile-End de Montréal, à boire un café tiède deux semaines après avoir rompu avec notre crush du temps des fêtes.

À voir : Mon corps.  Le clip, pas le mien.

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