On m’a déjà reproché de ne pas me souvenir de détails pointus lors de conversations intenses échangées autour d’un café Baileys.  Vrai, j’ai malheureusement une mémoire de type « j’ai le pelvis à l’air au Square Berri ».  Mais n’est-ce pas ce qui fait mon charme ?

Ne répondez pas tous en même temps, s.v.p.

Je suis allé voir le film Monsieur Lazhar il y a quelques mois.  C’était ben ben bon.  Au point de gagner un Oscar ?  Quand même pas.  Mais devant l’excitation générale provoquée par sa mise en nomination dans la catégorie du meilleur film étranger, je me sentais un peu grincheux.  C’était un bon film, mais non oscarisable selon moi.

– Tout à fait d’accord.  Surtout que c’est Une séparation qui va gagner.
– Euh…  Ouin, c’est ça !

Il y a deux semaines, j’avais envie de voir une bonne comédie légère.  J’ai cherché un film racontant l’histoire d’une jeune fille américaine, carriériste, qui en arrache au début, mais qui finit par se trouver un super boulot, un pétard de mari et une big maison avec clôture blanche à deux minutes de Washington DC.

J’ai loué Bridesmaids.  C’était nul à chier.

– Je t’avais dit aussi d’aller voir Une séparation, c’est le film de l’année !
– Ouin…  Mais y’était pas sur illico, pis j’avais pas envie de sortir…

On se le cachera pas, L’empire Bo$$é, ça a l’air dégueulasse.  Mais quand je regarde les films à l’affiche en ce moment, il y a rien d’intéressant.

– Va voir Une séparation, c’est en plein ton genre de film.
– C’est pas le nouveau film avec Diane Keaton ?

Ce week-end, je suis allé voir un excellent film au cinéma.  C’est mon premier coup de coeur de 2012.  Je n’en avais pas vraiment entendu parler.  Disons que je l’ai choisi un peu par hasard.  Je trouvais l’affiche belle, intrigante…  Ce week-end, j’ai vu Une séparation du réalisateur Asghar Farhadi.

– Ben là, ça fait trois mois que je te dis d’aller le voir !
– Pas sûr.  Si tu m’en avais parlé, je m’en souviendrais, QUAND MÊME !

Une séparation raconte une histoire universelle, tout en révélant un portrait très précis et contemporain de la société iranienne.

L’auteur et cinéaste Asghar Farhadi s’est intéressé à un couple bourgeois de classe moyenne en crise.  Une femme, inquiète du contexte de plus en plus lourd dans lequel elles doivent évoluer, compte s’expatrier avec sa fille.  L’homme, dont le père est atteint de la maladie d’Alzheimer, refuse de quitter et compte rester au pays avec leur fille.

Au départ, cette histoire semble presque banale.  Le cinéaste crée pourtant un suspens passionnant qui mêle habilement l’intime, le social et le politique.  Farhadi pose un regard subtil sur sa société, renvoyant inévitablement le spectateur à ses propres interrogations, sa propre grille de lecture, sa propre morale.

– On va au cinéma mardi ?
– Oh oui, bonne idée !  As-tu vu Une séparation ?  Tu devrais, c’est un sacré bon film !
– C’est moi qui t’ai recommandé d’aller le voir…
– …
– Antoine, sais-tu comment je m’appelle ?
– T’es qui toi, je t’ai jamais vu de ma vie.

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