Je porte énormément d’admiration pour deux types de personnes en particulier : les grands orateurs politiques et les artistes de cirque.

Je n’ai rien d’un Che, d’un Milk ou d’un Léo Blouin-Brathwaite.  Issu d’une génération collectivement blasée, je n’ai jamais été porté sur les discussions politiques, les grands échanges sociologiques et autres débats de type « Claire Lamarche ».  Je ne crois pas posséder assez de charisme, ni l’éloquence nécessaire à charmer une gang en soif de justice sociale avec l’aide d’un porte-voix et d’une caisse renversée d’oranges Sunkist.  Je me contente de manger bien et de couper mes ongles.

Si j’aime me faire croire que le trapèze n’a plus aucun secret pour moi, il est plus difficile de cacher mon manque de flexibilité lors de mes séances de body pump.  Une carrière dans le monde du cirque aurait été impensable, sauf peut-être dans le rôle du clown blanc digne et autoritaire.  Mais c’est toujours avec une grande émotion que je vais assister à ce genre de spectacle.  Voir des humains exécuter l’impossible avec leur propre corps m’émeut au possible.

C’est donc avec une grande excitation, mais également un petit feeling de saltimbanque déchu, que j’ai assisté à une représentation du spectacle Amaluna du Cirque du Soleil.  Au Vieux-Port de Montréal, dans un chapiteau, sous un orage apocalyptique…  L’ambiance y était électrique et quelque peu humide…

L’histoire d’Amaluna est complexe.  L’action se déroule dans le royaume marécageux d’une violoncelliste, sosie de Marie Carmen.  Elle se tient en gang, avec d’autres musiciennes en trench-coat.  Ensembles, elles ne manquent pas une occasion pour se lancer dans l’interprétation d’un rock déchaîné.

La région est habitée par plusieurs êtres flamboyants : des unicyclistes punk aux cheveux blancs, des amazones qui se déplacent à l’aide de lierres en poussant des cris de joueuses de tennis, ainsi que la troupe complète des danseuses de Madonna lors de sa tournée Blond Ambition.

Une seule figure masculine évolue dans ce monde de femme, il s’agit d’un lézard chauve qui, bien que coquin et plutôt sympathique, a la queue un peu trop rocailleuse.

La fille de la reine s’ennuie dans sa piscine creusée et rêve de rencontrer l’amour.  Marie Carmen va donc à la pêche et en revient avec un filet rempli de jeunes éphèbes, calmars sur la tête.  Un seul parviendra à conquérir le coeur de la jeune plongeuse étoile, mais il sera rapidement kidnappé par le méchant lézard chauve à l’orgueil blessé de ne plus être le seul mâle du marais.

S’en suivra une chasse à l’homme au son de la voix de Jenifer Aubry, aussi connue pour avoir joué le rôle de Charlotte dans Chambres en ville 5 et 6.

*interprétation libre*

Bien sûr, la trame narrative d’un spectacle du Cirque du Soleil n’est pas aussi claire que celle d’un épisode de 30 viesAmaluna, c’est avant tout un spectacle poétique et aux performances époustouflantes.  Gros coup de coeur pour le numéro des garçons captifs sur la planche sautoir.

Au Vieux-Port de Montréal jusqu’au 15 juillet.  C’est l’été, n’oubliez pas votre parapluie.

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