Jeudi soir dernier, il régnait un joli chaos dans les rues du centre-ville de Montréal.  Des attroupements de jeunes scandant des slogans provocateurs, des bouteilles d’eau et des feuilles de journaux virevoltant dans le ciel, de la police, beaucoup de polices présentes sans aucune raison apparente…

Non, il n’était pas question de la 236e manifestation nocturne des étudiants contre la hausse des frais de scolarité; ceci dit, les initiations de l’Université McGill peuvent également faire ben du dégât.  Les forts vents n’étaient pas non plus causés par l’arrivée de l’ouragan Isaac.

C’est normal qu’y vente de même à ‘veille de l’automne.

Ces paroles réconfortantes étaient une gracieuseté de la dame en coton ouaté intégral me prenant probablement pour un touriste aux yeux exorbités.  Et même si l’on s’attendait tous à ce que Céline sorte de son parc aquatique pour nous proposer de prendre un kayak, c’est une tout autre Diva qui nécessitait une présence policière accrue.  Madonna était de passage à Montréal dans le cadre de son MDNA Tour.

Je n’avais pas été très emballé à la sortie de son dernier album.  Provenant d’une artiste ayant sans cesse repoussé ses propres barrières pendant 30 ans afin de proposer du matériel innovant, MDNA déçoit.

Madonna, c’est des chansons, mais surtout du spectacle, voire du théâtre.  Sa tournée MDNA ressemble davantage à une oeuvre de l’Usine C créé avec beaucoup de subventions.

Les cloches d’une église résonnent alors que des disciples en toge font balancer un immense encensoir.  Ils préparent la venue de leur sauveuse.  Éclairs et coups de tonnerre plus tard, les portes d’un confessionnal s’ouvrent, dévoilant ainsi une Madonna cagoulée faisant éclater les multiples vitraux d’un seul coup de fusil.

Et si cette déesse était plutôt leur ennemi ?  Et si ces disciples représentaient les forces du mal ?

Tout ceci, en moins de cinq minutes.  Disons simplement que la trame narrative est assez chargée.

Heureusement, tout se déroule au son de ses chansons qui, n’ayant parfois aucun lien avec l’histoire visuelle racontée, offrent une légèreté bien appréciée.

Au final, tout se tient.  La transgression, la prophétie, la dualité masculine et féminine, la rédemption…  Les quatre grands thèmes sont exploités dans une grande cohérence jusqu’à la finale, grandiose, Like A Prayer avec des dizaines de voix gospels.

J’étais assis dans l’avant-avant-avant-dernière rangée des derniers balcons.  J’ai réussi à acheter mes billets cinq minutes après la mise en vente.

Quand j’entends la chroniqueuse de TVA déblatérer à quel point elle s’est sentie choyée d’assister au spectacle de la Madone à moins de deux mètres de la scène et ce, tout à fait gratuitement grâce à son métier de journaliste, je deviens furax !  (Le mot est faible.)  Que tu sois heureuse, ou excitée, ou émue, on s’en contre suce le cul.  Ce que tu dois livrer, c’est un compte rendu critique du spectacle dans une objectivité propre aux journalistes de formation.  Si ton gros fun dans la vie, c’est de papoter au sujet de tes émotions, ben fais comme moi pis ouvre-toi un blog.

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