Qui n’a pas été un tant soit peu perturbé par toute cette histoire de matricule 728 ?  Déjà au printemps dernier, elle avait réussi à faire parler d’elle grâce à un orgueil démesurément gros ainsi qu’un manque de jugement terrible lorsque vient le temps d’utiliser une bonbonne de poivre de Cayenne.  Résultat, elle est devenue un meme, symbole internet ultime signifiant que tu as laissé ta marque dans les réseaux sociaux.

Son comeback effectué cette semaine grâce à un reportage de Radio-Canada a été extrêmement percutant et réussi.  Du moins, on en a beaucoup plus entendu parler que du comeback à Joane Labelle.  En gros, 728 a utilisé son pouvoir de policière afin d’éliminer un danger de la voie publique : un homme sur le trottoir, bière à la main.

Là on a réussi à le menotter, mais là pendant ce temps-là, toute les rats qui étaient en haut dans… les gratteux de guitares, c’toute des ostie de carrés rouges là, toute des artistes astie de, de, en tous cas des mangeux de marde, fait que là y sont comme toute commencé à sortir de l’appartement tsé.

Si jamais un jour je me retrouve devant une colonie de rats, je vous garantis que je serai celui qui sortira de l’appartement en hurlant comme Laurence Jalbert dans les ¾ de sa musicographie.  (Ceci dit, j’aurai probablement la même réaction si je me retrouve devant la constable 728.)

Violence, haine, préjugés…  Comment excuser le comportement de cette policière aguerrie en devoir ?

Peut-être parce qu’elle descend du singe !  …  Tout comme moi et comme Marc Lavoine qui vient tout juste de publier son onzième album portant ce nom.

Intimiste et profond, l’album Je descends du singe est un des événements musicaux de l’automne, confirmant le statut de son créateur, Marc Lavoine, un homme bouleversant et sensible.  Aujourd’hui âgé de 50 ans, le chanteur français avoue avoir été perdu après sa précédente tournée.  Au travers des dix titres composant l’album, il n’hésite pas à se confier sur le décès de sa mère qui l’a profondément marqué.  Il parle également du sens de la vie, de sa sensibilité et de ses envies.

Je descends du singe se situe dans une lignée d’albums où classicisme pop poétique se conjugue à l’intemporalité, comme une oeuvre d’un certain Étienne Daho ou d’un Serge Gainsbourg.  Il ne contient aucune prise de risque inconsidérée et, pour tout dire, se donne volontiers des couleurs et des formules bien éprouvées : les refrains simples, les harmonisations propices au parlé-chanté, la propension au mid-tempo consolateur…  Bref, Marc Lavoine remet ses pas dans le parcours gagnant de Volume 10, son précédent disque vendu à plus de 400 000 copies.

Vingt-sept ans après son premier album, il est difficile de contester que l’éternel cutie de la chanson française confirme son savoir-faire et donne à son album une grâce intemporelle qui marque sa mutation de prédateur en maître de pop.  Un album à écouter, bien cambré dans son canapé, casque sur la tête.

Marc Lavoine, c’est un astie de gratteux de guitare du câlisse.

Merci constable.

Publicités

Quelle est votre émotion :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s