Avoir à interviewer quelqu’un, c’est cool.  Quand c’est pour un reportage filmé, j’aime encore plus ça.  Mais si c’est pour le Web, mes espoirs d’une vie meilleure où je pourrai enfin nourrir ma femme et mes 18 rejetons en couches viennent de partir avec l’eau du bain.  Au Québec, le Web c’est : « on n’a pas de budget, pas d’équipement, sors tes sharpies et sois créatif » !

– Tu filmeras avec ton iPhone.
– J’ai pas de iPhone.
– …  T’as pas de iPhone !?!

*remarque accompagnée d’un rire étouffé suivi d’un long regard de mépris*

Finalement, l’entrevue a été annulée puisque la vedette est retenue aux États-Unis pour cause de température incertaine.

En attendant le métro avec quelques connaissances, j’ai été victime de ce qu’on pourrait appeler « la minute geek qui s’éternise ».  Ce moment où tu te demandes pourquoi le Elle Québec du mois d’avril 2012 est allé vanter les mérites des geeks alors que tout le monde sait qu’ils sont insupportables lorsque regroupés en paquet de trois, ou plus.

– Qu’est-ce que tu fais mardi ?  J’avais une entrevue, mais elle a été annulée.
– Tu me poses vraiment la question ?
– Oui…
– Ben, je regarde en direct la conférence Apple du tout nouveau iPad mini !

Je n’embarque aucunement dans le buzz des produits Apple où n’importe quel gadget inutile, aussi mini soit-il, devient un véritable miracle le jour où on y appose un « i » devant le nom.

Je suis un homme de grandes ambitions.  Parmi celles-ci il y a : apprendre à conduire une moissonneuse batteuse et participer à l’écriture du prochain Guide Restos Voir.  J’étais donc excité au possible lorsqu’on m’a invité à aller déguster un hambourgeois dans un restaurant apparemment hip du centre-ville : le iBurger.

– Merci d’avoir accepté mon invitation.
– Ça fait plaisir, j’avais bien du temps.  Mon entrevue a été annulée et…
– Antoine, il faut qu’on parle de notre relation.
– Ah oui ?
– J’ai vraiment besoin qu’on mette les points sur les « i ».

À ce moment, on m’a tué.

Il a bien fallu que je reprenne conscience lorsque mon plat de résistance a fait son apparition à deux doigts de mes narines en fleurs.

Bon, on ne se le cachera pas, l’attraction principale du restaurant iBurger n’est pas du tout les hambourgeois qu’on y sert, aussi dodus et plein de SAUCES soient-ils.  N’en déplaise au chef cuisinier, l’attraction principale se situe à un autre niveau : les tables tactiles interactives qui servent de menu et qui permettent de commander notre repas sans avoir à engendrer la conversation avec un serveur en manque de pourboire.

Le système a été entièrement conçu à Montréal et lesdites tables coûteraient autour de 3000$ à fabriquer.  Bien qu’elles semblent assez résistantes, il est difficile de ne pas remarquer les égratignures dispersées un peu partout sur ces vestiges qui n’ont qu’un peu plus d’un an.

– Un dessert ?
– Oui, et un café…
– … C’est bizarre.  On dirait que l’écran tactile ne répond plus.
– J’ai dû échapper beaucoup trop de sauce BBQ.

Le iBurger : c’est ben bon pis ça flash, mais pour le nom, au secours.

Publicités

Quelle est votre émotion :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s