Frankenweenie

Il y a belle lurette que je n’ai pas fêté l’Halloween.  La dernière fois, je m’étais déguisé en patineur artistique amer, un costume qui n’avait pas fait mouche malgré le patin à glace soigneusement utilisé comme coiffe de l’amertume.

Ma créativité est plus souvent qu’autrement incomprise…

Cette année, j’étais anormalement fébrile à l’approche de la célébration des morts.  Pas au point de me déguiser en Jonathan Painchaud, mais assez pour célébrer l’Halloween d’une certaine façon.

– Psitt, psitt !
– Qui est là ?
– C’est moi, ta carte cadeau Cineplex qui te parle !
– Ah !  Bonjour, enchanté.
– Il y a un solde sur ta carte et ça fait bien longtemps que tu m’as utilisé.

Ce qui est agréable avec le restaurant vietnamien situé à deux pas de chez moi, c’est que tu as une chance sur deux de t’empoisonner avec leur général Tao take out, ce qui occasionne inévitablement des hallucinations de type « Lara Fabian dans le coin du plafond ».

Vacillant, mais tout de même en état de me faire conduire, je me suis rendu au cinéma le plus loin possible (coquetterie passagère) pour aller voir Frankenweenie, le dernier film de Tim Burton réalisé en stop-motion.  La représentation en 3D de 22h ayant été ANNULÉE sans préavis, j’ai été contraint de choisir la vue de 22h20, en simple 2D, comme dans l’temps des cerises.

Le film débute avec un long travelling d’une plaine.  Le vent souffle à travers les champs de paille…  Mais est-ce vraiment de la paille ?  Ne serait-ce pas plutôt des herbes hautes asséchées par la canicule omniprésente en ces temps de crise économique mondiale ?  Sommes-nous à la veille de la moisson, ou en période de sécheresse ?  Devant tant d’aridité, n’est-il pas plutôt temps de paqueter ses petits et de sacrer son camp dans un resort en Ohio ?

C’est alors qu’une vieille dame apparaît.  Une sorte de matricule 728, mais d’origine visiblement africaine et portant à merveille la jupe de paille.  Mais lorsque le générique d’ouverture débuta et que le nom de Jenifer Hudson en ARIAL BLACK est apparu sur l’écran, j’ai commencé à avoir un doute.  Quel étrange court-métrage à diffuser avant un film d’animation, et qui plus est n’a absolument aucun lien avec l’Halloween.

Les sourcils en accents circonflexes et l’estomac chantant à tue-tête : « Fame, I’m gonna live forever », je suis sorti de la salle afin de questionner le déchiqueteur de tickets.

Frankenweenie ne joue plus.  Vous avez acheté un billet pour le film Winnie.

Quelles étaient les chances que deux films aux noms sensiblement pareils soient à l’affiche de mon cinéma de banlieue en même temps ?  Même si Jennifer Hudson crève l’écran dans ses annonces de Weight Watchers, j’avais définitivement plus envie de voir un film d’animation de petit chien rafistolé qu’une longue publicité de produits amaigrissants tournée dans le désert et sous-titrée.

Je suis donc retourné chez moi, la mine déconfite.

Finalement, j’aurais peut-être dû rester dans la salle.  Winnie raconte l’incroyable histoire de l’épouse de Nelson Mandela.  Pas une mince affaire…  Malgré que Jennifer, elle, soit très mince !

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