J’aime bien le rockabilly.  Son esthétique, l’imagerie qui entoure ce genre musical, mais surtout le style vestimentaire associé aux années 50 où les jeunes se déchaînaient sur les planchers de danse au son d’Elvis Presley, Carl Perkins ou Bill Haley and his Comets.

J’ai aussi suivi des cours de swing il y a quelques années.  C’était, ma foi, fort plaisant.  J’aime bien ressortir les quelques pas de danse dont je me souviens lors des soirées du Nouvel An.  Faire spinner les filles, quel pied !  On dira ce qu’on voudra, mais leader une danse doit être aussi euphorisant qu’être au volant d’un avion de guerre mitraillant une plaine ennemie en 1943.

Ceci dit, mes connaissances du rockabilly sont aussi floues que ma vue depuis qu’une optométriste a carrément raté mon dernier examen.  Voilà pourquoi je ne savais pas trop à quoi m’attendre lorsque Daniel Bélanger a annoncé les couleurs de son nouveau trip musical : Chic de ville.

Estampillé rockabilly, je n’ai pas particulièrement eu le goût de swinguer du bassin en écoutant son dernier disque sorti la semaine dernière.  Pas qu’il est mauvais, loin de là, mais il ressemble davantage à un hommage à Johnny Cash qu’à un disque de party fifties.  En réalité, Chic de ville est plutôt un album à cataloguer « country ».

Daniel Bélanger a toujours cherché à se réinventer.  Disque après disque, il a exploré des zones rythmiques et harmoniques différentes.  Sèche tes pleurs, qui est sans doute sa chanson le plus proche du style de Chic de ville, possède une signature rythmique très typée et quelques accords compliqués.

L’auteur-compositeur-interprète n’a jamais eu de passion cachée pour le country, rock ‘n’ roll très terre à terre marqué par une rythmique minimale, une contrebasse qui claque et une guitare économe.  C’est après avoir entendu des chansons rockabilly dans une boutique de vêtements et fait un premier essai, Je poursuis mon bonheur, qu’il s’est découvert un besoin de simplicité.

Chic de ville reste, malgré tout, un album de Daniel Bélanger.  Les tentations aériennes demeurent présentes, bien que beaucoup plus contenues qu’à l’époque de Rêver mieux.  Ses chansons abordent des thèmes associés au genre country : l’amour, les filles…  Souvent avec un soupçon d’humour qui, dans ce contexte, est le bienvenu.

Des chansons fortes, je retiens surtout Traverse-moi, une émouvante ballade pas le moindrement rockabilly, l’entraînante Je t’aime comme tu es et Le temps est charognard, un rock lourd qu’il fait plaisir à entendre rendu à la huitième piste.

L’artiste dit avoir quelques idées de concepts pour sa prochaine tournée.  Je serai présent, par curiosité, mais surtout pour entendre ses anciens succès réorchestrés pour l’occasion.  Mais je parierais un gros brun que le prochain album sera un nouveau virage à 180 degrés.  Bélanger et le country ?  Le mariage ne fera pas long feu.

Est-ce que Chic de ville jouera à de nombreuses reprises sur ma table tournante ?  J’en doute.  Mais il deviendra bel et bien un objet country de référence dans ma discographie personnelle.  À écouter les soirs de scotchs, loin de l’être aimé.

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