Les Beatles à Montréal

J’avais soif de culture.  Tel un bobo voulant se regarder le portrait dans un écran de télévision, j’ai visionné la nouvelle émission de Christiane Charette, 125 Marie-Anne, tout en sirotant un délicieux Davids Tea acheté, bien évidemment, à la succursale de l’avenue Mont-Royal.  Mais lorsque la belle Christiane nous a envoyés à la pause en annonçant des DJ aux noms imprononçables, j’ai soudainement ressenti une grande lassitude.

Tel un hipster en cavale, j’ai sillonné les rues du Mile-End à la recherche d’Ariane Moffatt, au cas où elle offrirait un concert événement gratuit avec, pour seuls instruments, un clavier et un tambour de basque.  Mon infructueuse recherche s’est terminée dans un Starbucks.

Pourquoi pas une journée au Musée ?  Les expositions d’intérêt foisonnent présentement à Montréal.

Grâce à ce conseil offert par le seul employé francophone de la place, j’ai finalement décidé de faire un boomer de moi-même et de me rendre au Musée Pointe-à-Callière voir la toute nouvelle exposition sur les Fab Four.

Les Beatles à Montréal, c’est l’histoire du passage de ce groupe mythique dans la métropole le 8 septembre 1964.  Une visite éclair d’une durée de neuf heures, mais qui aura marqué à jamais toute une génération de québécois.

Installée depuis la fin mars au pavillon La Maison-des-Marins, l’exposition Les Beatles à Montréal revient sur cette journée haute en émotions pour ces jeunes dont la moyenne d’âge oscillait entre 13 et 14 ans.  Une bonne façon pour certains de revivre ce concert qu’ils ont vu, mais pas entendu pour cause de cohue extrême et de frénésie féminine pré pubère exacerbée en cette veille de rentrée scolaire.  Pour d’autres, comme moi, l’occasion de se plonger dans un passé pas si lointain et drôlement familier.

L’exposition est une réelle inclusion sensorielle.  Axée sur le son, l’image et la vidéo davantage que sur les panneaux explicatifs, elle permet notamment d’entendre de nombreux témoignages, dont ceux de personnalités bien connues.  Janette Bertrand se souvient de sa conversation avec les Beatles sur le fait français au Québec, tout comme l’homme de radio George Morris, un des trois animateurs lors de l’événement…  Même Michèle Richard était présente, ainsi que de nombreux groupes de l’époque qui ont bâti leur carrière en reprenant les chansons des Beatles en français.  (Bonjour René !)

J’ai été un peu moins impressionné par les objets placés çà et là et qui n’ont rien à voir avec le passage du groupe en 1964.  En tête de liste : la frétillante Rolls Royce de John Lennon, aussi belle soit-elle, mais datant de 1965.  Si au moins c’était un véhicule acheté chez Honda de Blainville près de L’Île-Perrot, on aurait compris le lien.  Là, ça sent le prétexte publicitaire.  Tout comme le cigare abandonné par John Lennon au profit d’une employée du Reine-Elizabeth lors du Bed-In de 1969.

Certains critiquent la présence d’une exposition sur un groupe rock dans ce musée à vocation archéologique, mais qu’on le veuille ou non, les Beatles ont marqué l’histoire.  Leur passage en terres montréalaises, aussi brève soit-elle, est gravé au plus profond des sols de la ville.

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