Il y a quelques semaines, je suis allé voir le film Les 4 soldats de Robert Morin.  J’aurais pu vous en faire une critique ici même, mais la seule idée de me remémorer ce deux heures passé dans la salle de cinéma me donne des sueurs froides, mon oeil gauche se crisse de l’autre pis j’ai mal aux bras.  Je résumerai donc cette oeuvre ainsi : un étang, un cheval mort, pis des voix off inspirées de Ramdam.

Échaudé par le cinéma comme un chat qu’on aurait pitché dans un jacuzzi, j’ai pris un break des mardis à demi-prix.

Cela faisait une éternité que je n’avais pas mis les pieds à l’Excentris.  En fait, pas une seule fois depuis sa réouverture en tant que salle de cinéma.  La dernière fois, j’y étais pour une conférence sur les médias sociaux donnée par les plus grands stratèges de la métropole.  J’en garde un bon souvenir, ainsi qu’une passion pour les danoises aux framboises.

Ce week-end, j’ai renoué avec ce lieu emblématique au slogan plutôt épouvantable : Que le meilleur du cinéma d’ici et d’ailleurs.

(Tsé, quand c’est moins accrocheur que Honda de Blainville près de l’Île Perreault…)

À l’Excentris, rien n’a vraiment changé depuis.  Sauf peut-être les guichetiers qui ne sont plus cachés derrière un hublot d’une épaisseur de 4 cm.  Les films qu’on y présente sont toujours « les meilleurs du cinéma d’ici et d’ailleurs ».

Mon choix : Blue Jasmine de Woody Allen.  Une comédie dramatique, une vraie !

Autrefois, Jasmine était une folle du ca$h et membre de la très haute société new-yorkaise.  Mais son mari, un escroc à la Gilles Vaillancourt, a été arrêté par le FBI et l’État les a complètement lavés.  Devenue quasi SDF, elle se réfugie à San Francisco chez sa soeur Ginger, une caissière carriériste prête à se fiancer à Chili, un garagiste au potentiel douchebag évident.

Avec l’aide de flashbacks qui dévoilent petit à petit les secrets, mensonges et autres trahisons de son époux, Woody Allen dresse le portrait d’une femme totalement déchue et qui est confrontée au vide sidéral de sa vie, n’existant plus sans la présence de son mari (son argent).

Mordant, drôle et aussi noir que Match Point, Allen se dote d’un vrai sens de la perversion quand il filme la vie rêvée du monde d’en haut qui s’illusionne de sa propre richesse en se croyant philanthrope.

Devenue rare au cinéma, Cate Blanchett pourrait avoir trouvé là son billet pour un deuxième Oscar.  D’une justesse incroyable, elle offre une performance troublante et stupéfiante en interprétant une femme qui a perdu depuis longtemps les sens de la réalité.  Elle s’accroche toutefois à ses rêves de richesse, son désir d’étudier la décoration intérieure ONLINE, ainsi qu’à ses cocktails Xanax-Martini.  Elle vit surtout dans une solitude qui crève l’écran et notre coeur.

Blue Jasmine est un film magique.  À de nombreuses reprises, je me suis retenu pour ne pas me lever sur mon siège, crier ma joie, faire des devils et même filmer l’écran de cinéma avec mon téléphone cellulaire.

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2 réflexions sur “Xanax-Martini on the rocks.

  1. « À de nombreuses reprises, je me suis retenu pour ne pas me lever sur mon siège, crier ma joie, faire des devils et même filmer l’écran de cinéma avec mon téléphone cellulaire. » Haha, serais tu fou ? En tout cas je te comprends, ce film est bouleversant, grâce, principalement, comme je l’explique http://bit.ly/17cmMFR à Cate Blanchette, royale en femme déprimée et névrosée.

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