Je n’ai qu’un regret : ne pas être un artiste du cirque.  Vraiment, c’est la seule chose que je changerais de ma vie.

Entendez-moi bien, je n’ai AUCUN talent pour tout ce qui ressemble à faire la split dans un cerceau à 40 pieds du sol.  Je suis raide comme une barre, zéro flexible, et attacher mes souliers est la tâche la plus difficile à réaliser de toute ma journée.

Donc le Cirque du Soleil, Éloize, et toutes les autres gangs de saltimbancos, ça fait longtemps que j’ai enlevé ça de ma tête.  Il y a peut-être seulement Cavalia pour lequel j’aurais encore des chances.  Porter une perruque de longs cheveux très lisses et murmurer lubriquement à l’oreille des chevaux, c’est dans ma palette de talents.

J’aime le cirque.  J’aime les artistes de cirque.  Ils me procurent des frissons, des émotions indescriptibles et les regarder s’exercer whatever leur discipline ouvre à tout coup les valves de mes glandes lacrymales.

Étonnamment, je n’avais jamais mis les pieds à la Tohu.  Pour quelqu’un qui braille sa vie en voyant un gars sur une trampoline, disons que je me prive d’un plaisir sans raison apparente.

– Ton eye-liner n’est pas waterproof ?

Me voilà démasqué.

Vendredi, c’est guilleret comme jamais que je me suis rendu au temple des acrobates et des costumes moulants pour assister à une représentation de Hans Was Heiri de Zimmermann & De Perrot, deux créateurs suisses de talent et à l’univers totalement éclaté.

Comment décrire leur spectacle ?  …  Folies, splendeurs, théâtre-cirque, performance, danse…  Un peu tout ça à la fois.

Hans Was Heiri ne raconte aucune histoire, mais une trame de fond englobe tout de même les multiples tableaux qui défilent sous nos yeux; cette ressemblance étonnante qui regroupe les êtres humains, malgré nos efforts pour nous démarquer, dans un monde où la recherche d’équilibre est répandue.  Le tout, sur les rythmes d’un DJ que Christiane Charette n’hésiterait pas à embaucher.

La symbolique de la conformité prend tout son sens lorsqu’un énorme cube pivotant, séparé en quatre appartements, est dévoilé.  Soudainement plongés en plein chaos, les humains tentent de survivre à cette épreuve rotative en testant leur équilibre, en passant à travers les murs, en s’agrippant où ils peuvent et en s’adaptant au meilleur de leurs capacités.  Spectaculaire.

Quelques tableaux m’ont grandement bouleversé, comme celui de l’appel à l’aide d’un gentil barbu chantant le Calling You du film Bagdad Café avec une vérité pure, pendant qu’un homme pourchasse une femme dans ledit cube pivotant cette fois d’une vitesse effrénée.

Les numéros de clown, ça, je m’en serais passé.  La séance de yoga où l’entraîneur à moitié nu donne une nouvelle définition au mot extravagance m’a un peu ennuyé…  Le reste de la salle était toutefois hilare.

Hans Was Heiri est bourré d’éclats de génie, mais ma soif d’acrobatie n’a pas été étanchée.  Pour une première visite à la Tohu, je crois bien avoir choisi le spectacle le plus éclectique de la saison.  Ceci dit, c’est un excellent appetizer.  Mon abonnement n’est pas loin.

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