Il est tombé environ 14 flocons de neige vendredi dernier.  C’était la catastrophe, l’état d’urgence.  Devant mère Nature qui se déchaînait contre nous, j’en suis venu à me demander pourquoi j’acceptais ça, 14 flocons, à la fin novembre, tout à fait gratuitement.

Nous vivons dans le tiers monde.  14 flocons, c’est une joke ?  Est-ce que je vais devoir déménager en Norvège si je veux un jour pouvoir utiliser mes raquettes à neige ?

Ceci dit, malgré les 14 pauvres petits flocons tombés sur l’île de Montréal, j’ai manqué d’électricité.  Oh… pas longtemps.  Mais juste assez pour perdre le texte que j’étais en train d’écrire et d’entendre ma voisine lâcher un gros « tabarnak » bien sonore.

(Deux points bien importants sont à spécifier ici : mon appartement est mal isolé ET ma voisine sait très bien se servir de son diaphragme en temps de crise.)

J’ai manqué d’électricité.

Manquer d’électricité.

Autant dire que je suis mort quelques minutes, que j’ai vu de quoi avait l’air l’au-delà, avant de revenir à la vie, terrifié.

Ma vie dépend de l’électricité.  Sans elle, je ne suis rien.  Et non, je ne suis pas un robot.  …  Enfin, je ne pense pas.  Maman ?

Du grille-pain au plafonnier, en passant par le téléviseur, l’ordinateur et même le iPhone qui, lorsque sa batterie se sera déchargée, me coupera définitivement du reste du monde, mon univers entier tourne autour d’appareils électriques.

Thomas Edison me tient par les couilles !

Mais comme un fumeur après une transplantation double des poumons, je n’ai pas le goût de changer mes habitudes.

Noël approche.  Qui dit « Noël » dit « donner des cadeaux ».  Qui dit « donner des cadeaux » dit également « recevoir des cadeaux ».  Qui dit « recevoir…

OK, on a compris.

Chaque année, mon gros stress du temps des fêtes, c’est maintenant que ça se passe : ma mère veut que je lui fasse une liste de cadeaux que j’aimerais recevoir.

Je me doute qu’il y a des trucs beaucoup plus plates à faire dans sa vie, mais reste que cette année, je n’ai aucune idée.  Je ne sais pas quoi demander…

Quand tu es jeune, ton cadeau de Noël, tu y penses dès le mois de mars.  Aujourd’hui, quand tu souhaites quelque chose, tu vas te l’acheter.

Digne du trentenaire masculin que je suis, j’entre parfaitement dans l’image clichée que projettent les publicités : pour faire mon bonheur, n’importe quelle gogosse techno fera l’affaire.

  • Une télé HD
  • Un enregistreur numérique pour ne pas manquer mes 30 vies
  • Un système de haut-parleurs sans fils que je pourrai installer jusque dans ma salle de bain (Prendre ma douche au son du dernier Cher, le rêve)
  • Une tablette avec laquelle je ne saurais pas quoi faire, mais que je serai bien fier de sortir en étant assis dans le métro
  • Un bluetooth.  Je sais pas trop à quoi ça sert, mais j’imagine que c’est beaucoup plus tendance qu’un micro-casque…

Bref, n’importe quoi qui me fera à nouveau mourir quelques minutes lors de la prochaine panne d’électricité causée par 14 pauvres petits flocons de neige en forme de triangle isocèle.

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2 réflexions sur “La grande noirceur.

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