La programmation est sortie, on entend fréquemment les annonces publicitaires narrées par Dorothée Berryman, je me suis acheté un flasque…  Bref, je commence à avoir hâte pas à peu près au festival Montréal en Lumière !

– Cool !  Et qu’est-ce que tu as le goût d’aller voir ?
– Aucune idée.

Oui.  Car même si j’ai l’air enthousiaste comme Ima à la veille d’enregistrer un album de chansons latines festives, je préfère vivre dans l’attente et l’espoir d’une surprise magistrale et inattendue.

– OK.  Mais si tu planifies rien, le show que tu voudras voir sera peut-être complet.
– Laisse-moi vivre dans mes illusions conceptuelles, veux-tu ?

Ce que j’aime avec Montréal en Lumière, c’est surtout sa Nuit Blanche, celle de toutes les découvertes en état légèrement pompette.

Mais avant de vivre Montréal en Lumières, j’ai décidé de me plonger dans le Montréal au début du siècle dernier, avec l’exposition Bienvenue à l’atelier du Musée McCord.

– C’est pas du tout montréalocentriste ton affaire…
– J’irai pas à McMasterville rien que pour te faire plaisir.

Dans le cadre de sa résidence au Musée McCord, l’artiste Kent Monkman met en lumière la relation entre la photographie et la peinture en explorant la collection des archives photographiques de William Notman (1826-1891) afin de créer une installation originale.  Un merveilleux exemple de dialogue entre le passé et le présent, l’art actuel et l’histoire.

Tout comme Gustave Courbet et son célèbre tableau L’atelier du peintre, Kent Monkman se représente dans un atelier imaginaire afin de porter un regard sur la pratique artistique qu’est celle de la peinture.  Il reproduit alors les photographies en peinture, en s’y ajoutant sous forme d’autoportrait.

Les photos choisies sont des portraits de Montréalais pris par Notman en studio.  Des gens de la haute société du 19e siècle qui se déguisaient en Amérindiens pour le bal du château Ramezay.  Des Amérindiens célèbres de passage, comme Sitting Bull en 1885.  Des lutteurs, des boxeurs, un portrait de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté, ou encore celui du jeune et athlétique Percival Molson, mort en France durant la Première Guerre mondiale.

Pour conclure l’expérience, le visiteur est convié à prendre place au coeur de l’installation et à voir la réflexion de son visage se superposer aux traits de l’artiste.  Le Musée suggère fortement la prise de selfies à taguer #WTTS (Welcome To The Studio), question de donner un côté ludique à l’exposition et d’en faire la promotion gratuitement sur les réseaux sociaux.

Je ne connaissais pas Kent Monkman même si, après coup, j’ai réalisé avoir déjà aperçu de ses oeuvres à de nombreuses reprises.

Utilisant une variété de médiums pour créer ses oeuvres, incluant la peinture, les films, les vidéos, les performances et les installations, Kent Monkman aime mettre en scène différentes relations de pouvoir, qu’il renverse ou bouleverse.

La représentation des identités, notamment autochtones, et la construction de récits historiques sont au coeur de sa pratique artistique.  L’emploi du registre de l’ironie et l’utilisation de nombreuses citations visuelles issues de l’histoire de l’art établissent un nouvel ordre où dialoguent la réalité et la fiction.

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