Qu’on se le dise une fois pour toutes : vieillir est extraordinaire.

Je viens vraiment d’écrire ça, et je le pense !  Jamais j’aurais cru tenir ce discours il y a quelques années, mais les faits sont là.  Avec l’âge viennent la sagesse, la paix et l’acceptation de soi.

Il y a dix ans, mon quotidien était constitué de fréquentes crises d’angoisse concernant un menton wannabe fuyant et des dents qui auraient mérité d’être alignées avec l’aide d’une équerre.  Ce matin, je me suis découvert une nouvelle ride d’expression et ça m’a quasiment mis de bonne humeur !  …  Quasiment.  Parce que bon, faut quand même pas exagérer.  On était le matin.

– Tu dis ça parce que t’es pas une femme !
– Pardon ?
– Tu ne subis pas la pression d’une société de consommation qui te demande de rester jeune.

Nous subissons tous la pression de quelqu’un ou de quelque chose.  Par contre, le choix d’accepter, ou non, de se laisser atteindre par ces pseudo-codes de société pas clairs nous appartient.  Femme ou non.

(Ceci dit, j’ai peut-être tort.  Comme c’était la journée internationale de la femme samedi dernier, j’ai découvert que mon absence de trompe de Fallope m’empêchait apparemment de saisir toutes les subtilités de la vie.)

Bref, vieillir.  Oui bon, c’est cool.  Un complexe de moins.

Mais tout n’est pas rose au pays du trentenaire repentant.  Car même si je pop le champagne dès qu’un nouveau cratère se dessine dans mon épiderme facial, je ne me sens pas encore tout à fait arrivé à l’étape de la désinvolture totale.  Un autre problème semble vouloir pointer son nez à l’horizon.  Le complexe du trentenaire.

– Pis, qu’est-ce que t’as fait en fin de semaine ?
– Aïyaïyaï !  Gros week-end !!  J’ai magasiné des rideaux pour mon nouveau condo.  Samedi soir, j’ai découvert le tout nouveau restaurant de type « cabane à sucre urbaine » du gars qui a gagné la troisième saison des Chefs.  Dimanche matin, j’ai fait le tour de l’île de Montréal dans une péniche appartenant, comme par hasard, au cousin de Mahée Paiement.  Oh, et j’ai également été invité au Gala des prix Écrans, à Toronto.  On y est allé en péniche.  C’tait malade !

À trente ans, y’a deux options.  La première : avoir des enfants.  Évidemment, ta vie se résume alors à parler de tes rejetons qui, même s’ils ne sont déjà à l’étape d’utiliser l’algèbre pour résoudre les problèmes d’inéquité salariale dans la fonction publique, vont clairement remporter un prix Nobel le jour où ils produiront leur premier caca compact.

Deuxième option : être célibataire, urbain, et les cheveux tellement dans le vent que leur seul mouvement serait suffisant pour électrifier la ville de Pohénégamook.

Je n’ai pas d’enfant.  Et ma chevelure n’est pas prête à compétitionner avec l’énergie éolienne.  J’aurais donc besoin d’avoir des activités sociales extraordinaires afin de combler le vide laissé par les rides de mon visage.

– Pis, qu’est-ce que t’as fait en fin de semaine ?
– Une brassée de blanc.

C’est pas donné à tout le monde d’avoir des connexions avec la famille à Mahée !

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