Quatre ans au pouvoir.

Quatre ans au pouvoir.

Quatre ans, c’est long.

C’est le nombre de saisons qu’aura sévi le téléroman Sous un ciel variable sur les ondes de Radio-Canada.

C’est la durée d’attente pour passer d’une coupe de cheveux militaire avec nuque dégarnie à une longue et belle chevelure soyeuse de type « je n’ai plus besoin de vêtements pour cacher mes parties ».

C’est le temps que ça m’a pris pour comprendre que « j’ai besoin de temps » voulait en réalité dire  » je ne t’aimerai jamais, mais comme je suis incapable de te le dire en pleine face, je préfère m’enfuir en douce en te laissant croire que, oui, peut-être qu’un jour on aura un compte conjoint ensemble. »

Quatre ans, c’est long.  En criss.

C’est habituellement le cycle de vie d’un gouvernement.  Enfin, à l’époque où il n’y avait pas 46 000 partis politiques divisant le vote et conduisant à chaque fois vers un gouvernement minoritaire, au grand dam de Sophie Thibault qui préférerait faire des rides de motos plutôt que d’animer des soirées électorales avec l’enthousiasme débonnaire qu’on lui connait.

Quatre ans, c’est aussi l’âge qu’a mon blogue aujourd’hui.  Ben oui, Merci pour cette émotion fête ses quatre ans !

Je n’ai pas encore de poupon, mais comme je préfère rater le bateau du showbizz plutôt que de manquer le tramway d’être père, ça ne saurait tarder.  Seulement, je suis au courant d’une chose.  La quatrième année est quelque peu épouvantable.  Le « fucking four » qu’on appelle ?

Bref, en ce 7 avril 2014, journée d’élections, je suis devant un choix.  Continuer mon blogue dans la voie confortable qui semble être tracée devant moi, ou prendre une tangente, plus risquée, et embrasser les idéologies d’un nouveau parti ?  Malgré mon cynisme qui semble avoir atteint un degré équivalent à l’indemnité de départ du Docteur Barrette, j’ose encore me questionner.

Quatre choix s’offrent à moi :

1- Déterminé comme pas un, je poursuivrai la rédaction de mon blogue tel que je l’avais prévu, et ce, sans effectuer de changement aux thèmes abordés.  La tête dans le sable, mais le derrière offert, je serai inflexible sur la question : je changerai de sujets, oui, mais uniquement lorsque mes lecteurs seront prêts.

2- « À soir, on va parler des vraies affaires ».  Le titre d’un de mes sketchs préférés du premier spectacle des Denis Drolet.  Mais voilà, c’était il y a plus de dix ans.

3- Certains prédisent une vague arc-en-ciel sur le Québec en ce 7 avril.  Pourrait-il se passer la même chose sur mon blogue ?  Merci pour cette émotion deviendrait alors Merci pour cette orientation sexuelle, un blogue démagogue visant promouvoir la « culture » gaie à grands coups de témoignages d’intimidations et de photographie de gars en chest ?

4- Des pelleteux de nuages, des rêveurs, des artistes…  Parfois, être progressiste demande une habilitée certaine à créer de la fiction.  Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose.

Je ne sais pas encore pour quelle option voter.  Mais chose certaine, je ferai un choix !  Le droit de vote n’est pas inné, il a été acquis !  Et je préfère encore confronter l’inconnu que d’aller faire de l’aquagym avec Janette.

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La fin de l’hibernation.

La fin de l’hibernation.

Ma vie se divise par période.  Pas comme si je venais de faire une grande découverte sur moi-même…  C’est seulement le constat résultant d’une séance de méditation prolongée dans un café moyennement hip du quartier Villeray.  (Lire : j’ai pogné le fixe dans un Tim Hortons).

J’ai des passes…  Comme les grands artistes peintres qui ont des périodes bleues, vertes, carottées ou abstraites.  Dans mon cas, un peu dommage qu’il n’en ressorte jamais de grandes oeuvres.  Mes périodes sont de type un peu plus futile…  Là, je termine un marathon extrême de SimCity qui, au bout de la ligne, m’a confirmé que la dernière mouture de la franchise est effectivement ordinaire.

Bonjour productivité.

Avant ça, j’ai consacré ma vie à faire des boutures de plantes tropicales.  Il y a également un moment où je me suis laissé tenter par des lectures sur la croissance personnelle…

Bref, le gars qui se cherche.  Quel bel hiver j’ai passé !

Là, comme un écureuil qui sort de son trou après son hibernation, je découvre tout ce qui m’entoure, tout ce que j’ai manqué pendant tant de mois et… retourne me cacher dans mon trou, la peur dans l’âme.  Ouais, c’est parce que j’en ai manqué des affaires.

La mythologie grecque veut que, lorsqu’on travaille en télé, on en bouffe sans cesse jusqu’à devenir gras comme du beurre.  C’est faux.  Je n’ai jamais si peu regardé de télé depuis que mon nom se trouve dans un générique de fin.  La saison estivale m’annonçant un répit dans mes livrables, je vais enfin pouvoir m’adonner à ce sport de guerrier : télé en replay !

Tu devrais plutôt sortir prendre du soleil…  Tu vas encore te plaindre de ton teint de peau see through.

Checkez-moi ben avec mon laptop au Parc Jarry !

J’ai jamais autant entendu parler d’une série qui, semble-t-il, n’était écoutée par personne.

Série noire.  La mal-aimée.

Je suis tombé dessus par hasard la semaine dernière.  Je zappais frénétiquement sans raison apparente autre que de vouloir vivre pleinement mon expérience câblée.  Puis, la face du dude méchant dans 2 frères a attiré mon attention.

Yé un peu tard pour accrocher, y aura pas de deuxième saison.  À cause de gens comme toé !

C’est pas moi qui ai inventé le concept des télédiffuseurs avides de cotes d’écoute millionnaires.  Mais il reste que je ne comprends pas comment la création télévisuelle doit encore se battre contre un modèle datant des années 80.

Anyway, c’est un débat vieux de deux mois.

SNL Québec.

Il parait que c’est vraiment drôle.

I’ll give a try soon.

Euh, c’est un peu tard, non ?  Les gags vont être dépassés.

RBO, c’est encore drôle…

C’est pas un truc que j’ai manqué, car elle la deuxième saison n’a pas encore débutée.  Mais j’ai sacrament hâte à 125 Marie-Anne !  Y’a un truc qui me plait grave avec Christiane Charette…  Son talent pour les interviews croisées doublé à sa capacité de spinner des records entre les pauses publicitaires.

Tout ça, et bien plus encore…  Au soleil.  AU SOLEIL !!!

Cinéphile… ou presque.

Cinéphile… ou presque.

Il n’y a pas si longtemps se tenaient les Rendez-vous du cinéma québécois.  Ce week-end avait lieu le Gala des Jutra et deux semaines plus tôt, celui des prix Écrans qui soulignait le meilleur des films canadiens de l’année, dont certains québécois, il va sans dire.

Le cinéma d’ici se célèbre Big Time !  Mais moi, je ne vais pas au party…  En fait, c’est un peu comme si on vous invitait à une soirée d’anniversaire, mais que vous n’aviez pas adressé la parole au jubilaire pendant l’année entière, même pas un petit « coucou/bonne fête/kiss kiss » sur le wall Facebook dudit béni…  Dans un cas comme ça, je pense que l’étiquette impose de rester chez soi à manger son Chef Boyardee avec remords et envie.

L’été dernier, j’avais pris une pseudo résolution, celle d’aller voir davantage de films québécois.  Mais après le supplice que m’a procuré Les 4 soldats, j’ai brûlé ma résolution à coups de gazoline

Je n’aimerais pas avoir une discussion avec M. Guzzo concernant la production de films au Québec.  J’aurais peur d’être à court d’arguments.  Dans la dernière année, avant d’aller voir un film québécois, je me suis toujours demandé si mon moral était assez fort pour supporter une telle oeuvre.  Les films proposés ne sont jamais très hop la vie.

Mais attention !  « Hop la vie » ne signifie pas nécessairement « insignifiant ».  Tout comme « comédie » ne doit pas toujours être associé à « débilité ».

Cette semaine, j’aurais pu aller voir Miraculum.  Tout est là pour que ce film soit excellent.  Les comédiens, le réalisateur, le scénario, la direction photo…  Tout, sauf les bons commentaires.  Des amis cinéphiles m’ont même sorti l’assassine réplique :

Attends qu’il soit disponible en DVD…

Ça veut tout dire.  Surtout que… qui loue ou achète encore des DVD de nous jours ?

Miraculum no more…  C’est avec un petit sac de jujubes surets à la main que je me suis laissé séduire par l’histoire de Célibataires… ou presque.

Tu m’en voudrais vraiment si je te « unfriendais » ?

Comédie sentimentale hollywoodienne, Célibataires… ou presque se veut une incursion dans la vie de trois jeunes hommes pour qui tout réussi… ou presque.

Un artiste vit de ses dessins chez un grand éditeur de livre, un médecin pratique à des heures régulières et sans stress apparent, un autre gars semble riche sans avoir à travailler… ou presque.

Les trois garçons dans la fleur de l’âge aiment leurs soirées à boire du scotch, à jouer au PlayStation, et à draguer des filles.  Mais dans le fond de leur âme, ils sont des lovers… ou presque.

Ouais, parce que les deux taouins ont décidé de faire un pacte de marde qui les empêche de tomber en amour, ce qui nuirait à leur amitié si chère à leurs yeux… ou presque.

Bonjour Les Invincibles… ou presque.

J’ai compris « Zac Efron »… ou presque.

J’ai passé une super soirée.  Le film m’a fait rire, pleurer, sourire.  J’ai dépensé de l’argent au comptoir de confiseries, M. Guzzo est content.

Qu’on leur donne un Jutra… ou presque.

Vous avez un nouveau message.

Vous avez un nouveau message.

Mon téléphone sonne.  Oui, ça arrive encore.  C’est rare, mais pas impossible.  Même si je communique presque uniquement par courriels et textos, il arrive que certaines personnes, visiblement nostalgiques de leur période Vuarnet, osent m’appeler « E.T. téléphone maison » style.

Je ne vous cache pas ma stupeur lorsque mon appareil intelligent émet une sonnerie plus longue que 2 secondes et, qui plus est, se répète pendant près d’une minute !!  Entre ça et le purgatoire de Marie-Antoinette d’Autriche, c’est mince.

Lorsque j’ai signé mon contrat avec la compagnie de téléphone mobile…  Ou devrais-je plutôt dire : lorsque j’ai signé un pacte louche m’obligeant à leur remettre, à défaut d’un baril de sang mensuel, un montant d’argent irrationnellement élevé, je me souviens avoir demandé un service en particulier : l’afficheur.  Ce petit ajout à un forfait déjà ridiculement cher me permet de connaître le nom, ou du moins le numéro, de la personne qui tente de me rejoindre vocalement.

Tu décides de m’appeler et de me faire revivre, contre mon gré, les années 90 ?  Tu mérites que je te voie la face avant de répondre.

Malgré tout, il y a en a certains qui réussissent (probablement après s’être eux-mêmes vidés de leur sang) à masquer leur numéro…

Ce matin, quelqu’un en mal de roulette russe décida de tenter sa chance et m’appela.  On pouvait lire « numéro inconnu » sur mon téléphone.  Il était environ vers 8h30.  (Ce qui est TRÈS tôt, soit dit en passant.)

Ai-je répondu ?  La question ne se pose même pas.  Mon appareil se chargea de rediriger le malfrat vers ma boîte vocale.

Salut Antoine !  Ici une salopette.  Je voulais juste m’assurer que tu étais au courant de mon grand retour ce printemps et que, si tu n’en avais pas encore eu l’idée, tu n’hésiterais pas à me mettre sans cesse lors de la prochaine saison.  À bientôt, j’espère…

So sweet.  La dernière fois qu’un article mode m’a téléphoné, c’était une paire de gougounes en 2002.  Cette fois là encore, j’avais raté l’appel.  Ça fait donc presque 12 ans que je voue une haine incommensurable pour ces sandales bas de gamme qui, en plus de me questionner sur l’hygiène de ceux qui les portent, donnent assurément une démarche de pingouin peu attrayante à leur propriétaire.

Alors, la salopette est de retour.  Vraiment !?

Si les boutiques du centre-ville n’ont pas encore bien mis en évidence ladite chose dans leurs vitrines, elle est effectivement de plus en plus présente sur les blogues mode à tendance hip qui puisent leur inspiration au plus profond du Mile End.

Ça, c’est toute une référence !

Merci pour cette émotion n’est pas un blogue mode.  Ce n’est pas un blogue hip non plus.  Parfois, j’en viens presque à me demander s’il est réellement un blogue, et non pas une façon de communiquer avec ma psychologue que j’ai arrêté de voir le jour où elle a augmenté ses honoraires de façon barbare et exorbitante.

Voici toutefois l’avis de l’éditeur concernant le retour des salopettes :

Amen, bye.

Ceci dit, je vais m’en acheter de ce pas !

Le complexe du trentenaire.

Le complexe du trentenaire.

Qu’on se le dise une fois pour toutes : vieillir est extraordinaire.

Je viens vraiment d’écrire ça, et je le pense !  Jamais j’aurais cru tenir ce discours il y a quelques années, mais les faits sont là.  Avec l’âge viennent la sagesse, la paix et l’acceptation de soi.

Il y a dix ans, mon quotidien était constitué de fréquentes crises d’angoisse concernant un menton wannabe fuyant et des dents qui auraient mérité d’être alignées avec l’aide d’une équerre.  Ce matin, je me suis découvert une nouvelle ride d’expression et ça m’a quasiment mis de bonne humeur !  …  Quasiment.  Parce que bon, faut quand même pas exagérer.  On était le matin.

– Tu dis ça parce que t’es pas une femme !
– Pardon ?
– Tu ne subis pas la pression d’une société de consommation qui te demande de rester jeune.

Nous subissons tous la pression de quelqu’un ou de quelque chose.  Par contre, le choix d’accepter, ou non, de se laisser atteindre par ces pseudo-codes de société pas clairs nous appartient.  Femme ou non.

(Ceci dit, j’ai peut-être tort.  Comme c’était la journée internationale de la femme samedi dernier, j’ai découvert que mon absence de trompe de Fallope m’empêchait apparemment de saisir toutes les subtilités de la vie.)

Bref, vieillir.  Oui bon, c’est cool.  Un complexe de moins.

Mais tout n’est pas rose au pays du trentenaire repentant.  Car même si je pop le champagne dès qu’un nouveau cratère se dessine dans mon épiderme facial, je ne me sens pas encore tout à fait arrivé à l’étape de la désinvolture totale.  Un autre problème semble vouloir pointer son nez à l’horizon.  Le complexe du trentenaire.

– Pis, qu’est-ce que t’as fait en fin de semaine ?
– Aïyaïyaï !  Gros week-end !!  J’ai magasiné des rideaux pour mon nouveau condo.  Samedi soir, j’ai découvert le tout nouveau restaurant de type « cabane à sucre urbaine » du gars qui a gagné la troisième saison des Chefs.  Dimanche matin, j’ai fait le tour de l’île de Montréal dans une péniche appartenant, comme par hasard, au cousin de Mahée Paiement.  Oh, et j’ai également été invité au Gala des prix Écrans, à Toronto.  On y est allé en péniche.  C’tait malade !

À trente ans, y’a deux options.  La première : avoir des enfants.  Évidemment, ta vie se résume alors à parler de tes rejetons qui, même s’ils ne sont déjà à l’étape d’utiliser l’algèbre pour résoudre les problèmes d’inéquité salariale dans la fonction publique, vont clairement remporter un prix Nobel le jour où ils produiront leur premier caca compact.

Deuxième option : être célibataire, urbain, et les cheveux tellement dans le vent que leur seul mouvement serait suffisant pour électrifier la ville de Pohénégamook.

Je n’ai pas d’enfant.  Et ma chevelure n’est pas prête à compétitionner avec l’énergie éolienne.  J’aurais donc besoin d’avoir des activités sociales extraordinaires afin de combler le vide laissé par les rides de mon visage.

– Pis, qu’est-ce que t’as fait en fin de semaine ?
– Une brassée de blanc.

C’est pas donné à tout le monde d’avoir des connexions avec la famille à Mahée !

Diverti sur une balloune.

Diverti sur une balloune.

J’ai constamment le besoin élevé d’être diverti.  Là, maintenant, tout de suite.  Insatiable, je suis à l’affût de tout ce qui pourrait me faire sécréter une once de dopamine.  …  Et ce, tout en restant dans le confort de mon appart, bien vautré sur mon canapé beige, parce que bon…  Sortir à l’extérieur, le froid, tout ça…  J’en ai soupé.

– Dommage, je t’aurais proposé d’aller glisser sur le Mont-Royal, enroulé dans des sacs de poubelles.
– Projet emballant au possible, mais ça ne fitte pas avec le début de mon texte.  Donc non, je passe.

La proactivité, ça me connaît par moment.  J’ai donc décidé de demander à quelqu’un d’autre de faire une recherche à ma place.  Siri.

– Allô Siri.  Quelle activité excitante je peux faire chez moi ?
– Je vous reçois 5 sur 5.
– Et puis ?
– Voici le résultat de ma recherche sur le Web.

Un lien vers la définition du mot « puis » dans le wiktionnaire…  On est loin du système intelligent de Her

Qu’importe.  Ma ténacité légendaire a octroyé une deuxième chance à l’informatique.  J’ai googlé « activités excitantes ».

La découverte du site www.evjf.org m’a bien diverti.  J’en étais à planifier une sortie dans un parc aquatique quand…

– Ding !

Avec l’aide d’un son désagréable au possible, Facebook m’a rappelé que j’étais « attending » à la grande fête des Webséries aux Rendez-vous du cinéma québécois.

Ben coudon, j’aurai pas le choix de sortir dehors.  Tant qu’à y être, j’ai mis quelques sacs de poubelles dans mes poches de manteau…  On n’est jamais trop prévoyant !

La salle de projection était ridiculement bondée.  Il faisait chaud et on ne voyait pas très bien l’écran.  Malgré tout, et avec ces conditions très peu gagnantes, trois Webséries ont attiré mon attention.  Sources de divertissement intérieur sur canapé beige possible.

Amour amour

Avec un titre rappelant certains bands de musique québécois indies tels de Radio Radio ou Orange Orange, la Websérie Amour amour n’est pas loin de sa cible.  C’est en fait une tragi-comédie s’intéressant à un groupe musical émergeant dont les deux leaders viennent de mettre fin à leur relation amoureuse de plus de dix ans.

Un peu montréalocentriste et hermétique, mais les mélomanes devraient y trouver leur compte.

J’aime pas

Facebook n’a pas encore intégré le bouton « J’aime pas » sur sa plateforme sociale.  Portant, y’a un paquet de choses qui mériteraient que l’on coche le petit pouce vers le bas.  Ces choses, on les retrouve pour la plupart illustrées dans J’aime pas.

Un couple, dont l’âge n’est pas vraiment situé, est constamment confronté à des situations déplaisantes du quotidien.  Malaises, réalités, absurdités…  Le quotidien est mis sous une loupe et nous propose des sketchs courts et punchés.

Projet M

Même si la salle bondée des RVCQ n’aidait en rien la concentration que requiert le visionnement de Projet M, l’extrait présenté a quand même piqué ma curiosité.

Des Terriens vont tester la faisabilité d’un long voyage dans l’espace lorsque, en cours de route, une catastrophe arrive sur leur Terre mère.  Bonjour l’angoisse.

Direction photo incroyable, apparence de gros budgets…

Bavardage éphémère.

Bavardage éphémère.

J’ai, depuis quelque temps, une écoeurantite aiguë des réseaux sociaux.  Un malaise généralisé.  Est-ce dû à mon travail qui m’amène à être là-dessus quasiment 12 heures par jour ?  Peut-être.  Mais le 12 heures restant de ma journée, même si je le passe à dormir, manger ou prendre une douche, ce n’est jamais bien loin de mon téléphone intelligent, prêt à émettre un petit « ding » à chaque événement marquant digne de mention, ou non, d’un de mes contacts.

Entre ça pis être dans une prison à Guantanamo, y’a une marge très mince que seule l’éthique m’empêche de franchir.

Les réseaux sociaux, c’est bien.  Mais ce n’est pas la vie.

Je suis bien heureux de savoir qu’un ami du secondaire va se marier avec une fille dont j’ignorais l’existence ce matin même.

Un collègue de travail vient de traverser les lignes américaines en direction des Maldives ?  Bravo, mais on s’y attendait.  Ça fait trois semaines qu’il nous impose un décompte photographique de qualité douteuse pour annoncer son voyage touristique.

Un autre dude a mal à une dent ; une information peu intéressante qui mériterait de ne pas avoir été divulguée publiquement.

Et moi dans tout ça, qu’est-ce que je dois dire ?  Quelle information pertinente sur ma vie dois-je rendre publique aux yeux du monde ?  Que ma crème à café est passée date bien avant celle indiquée sur le berlingot ?  Que j’ai rêvé à Ginette Reno la nuit dernière, qu’elle était blonde et mince mince mince ?  Que j’ai un bouton sur la langue qui m’empêche de turluter ?

Voulant retrouver un feeling de fraternité et la bonhomie typique du Montréal de 1954, je suis parti me promener sur le Plateau Mont-Royal, tout sourire, avec la ferme intention de tisser des liens en disant « bonjour » aux passants, d’exécuter quelques pas de danse au soleil et de découvrir si, après tout ce temps, la grosse femme d’à côté était toujours enceinte.

Comme la seule personne ayant répondu à mon croissant de lune dentaire fut un itinérant, et ayant à peine réussi un semblant de conversation avec un barista visiblement amer de travailler pour une chaîne américaine, je suis retourné chez moi.

Bougon et désabusé comme pas un, j’ai repris contrôle de mon téléphone ô combien intelligent, seule source de divertissement maintenant possible.  Une suggestion d’app m’a interpelée.  Snapchat.

C’est un réseau social différent des autres grâce à son aspect éphémère.  Chaque utilisateur peut envoyer des photos ou vidéos à ses abonnés qui auront dix secondes pour les regarder avant qu’elles ne disparaissent à tout jamais.  C’est-à-dire que vous pouvez envoyer une photo complètement ridicule sans que cela n’ait de conséquence.

J’étais en plein shooting de mon scrotum quand tout à coup, mon téléphone sonna.  (Surpris, je n’avais encore jamais entendu sa sonnerie depuis son achat.)

– Oui allô ?!  …  Qui est à l’appareil ?  Identifiez-vous je vous pris !
– Salut, c’est moi.  Tu fais quoi ?  Un café chez moi, ça te dit ?

Niveau contact humain, y’a de l’espoir.  Tout n’est pas noir ou blanc.  Suffit de mettre un nuage de lait dans mon amertume.