Mon topo.

Mon topo.

Cette année, l’hiver québécois est particulièrement difficile.  Aurais-je dû prendre davantage de soleil l’été dernier ?  Probablement.  Mais trop tard, je traîne une carence en vitamine D depuis octobre et la prise de suppléments en capsules m’est totalement interdite pour cause de reins folichons qui aiment se fabriquer de cailloux pour en faire de jolis colliers Caroline Néron.

Même si j’essaie par tous les moyens de constamment me coller la face sur une source de lumière supérieure à 60 Watt, les résultats ne sont pas concluants et j’ai le caquet bas depuis des semaines.

En marchant dans le métro (ou plutôt, en traînant ce qu’il reste de mon corps), je me complaisais dans mon malheur profond quand j’ai tout à coup entendu des voix s’élever au-dessus de la masse.  Deux voix autoritaires, suivies d’une longue lamentation féminine avec beaucoup, beaucoup de Craven A dans le grain.

Une femme se faisant escorter à l’extérieur du métro par deux policiers ne semblait pas vivre ce qu’on peut qualifier de « bonne journée ».  Prétextant une quelconque raison, elle refusait de se déplacer.  Était-ce dû au stress de la manoeuvre, ou tout simplement par signe de protestation ?  Toujours est-il que la situation générale a eu raison de ses sphincters qui se sont relâchés en plein centre de la station Berri-UQAM, à l’heure de pointe, devant des centaines de passants inconfortables.

– Pis, les policiers ?  Y’ont-tu été chien avec ?
– Non.
– Qu’est-ce qu’ils disaient ?
– Pas grand-chose.
– Mais là, ils l’ont pas engueulé parce qu’elle pissait à terre ?
– Non.
– …  Est ben plate ton histoire !

Plate, peut-être.  Triste, vraiment.  J’étais déjà down, mais cette scène m’a donné une vraie raison d’avoir les blues.  Mon impuissance totale face à la détresse humaine est beaucoup plus déprimante que mon faciès turquoise de cadavre exquis.

Filmer cette pauvre femme avec mon téléphone et de publier ça sur le Web m’est passé par la tête.  Non pas par méchanceté gratuite, mais par réflexe.  J’avais tout l’équipement dont j’avais besoin.  J’aurais même pu prendre des photos panoramiques HQ ou tourner en slow motion !

Avec un titre accrocheur comme : « Deux policiers obligent une itinérante à uriner sur le sol », TVA Nouvelles aurait assurément diffusé la vidéo à Mon topo.  J’aurais eu des milliers de views et des centaines de commentaires.

J’aurais pu faire de l’argent !

Ce réflexe (de marde), je l’ai eu grâce aux réseaux sociaux qui font maintenant partie intégrante de ma vie.

Cette semaine, Facebook fête ses dix ans.  Des milliers d’articles nous vantent les mérites du réseau social en nous démontrant à quel point il a changé notre vie.

Je me demande de quoi aurait l’air ma vie aujourd’hui si Facebook n’avait jamais existé.

Je ne penserais pas à recevoir de l’amour à coup de « j’aime » grâce aux malheurs des autres, j’aurai probablement plus de vitamines D dans le système et je ne déprimerais pas à l’idée de devoir changer ma photo de profil parce que je suis dû, même si j’ai la face verte remplie de cernes.

Je serais peut-être de meilleure humeur, finalement.

Je ne fais que regarder.

Je ne fais que regarder.

Même si j’ai la conviction d’être assez discret et de ne pas trop exposer ma vie privée sur les réseaux sociaux, c’est trop tard.  Je suis maintenant fiché par les géants américains de l’Internet.

Et s’ils ont le bonheur d’avoir un dossier sur moi dans leur gros classeur beige, il y a de bonnes chances que vous vous retrouviez également dans l’un de leurs tiroirs.  C’est comme ça, il est trop tard, on ne pourra plus jamais s’en défaire et l’option CTRL-ALT-Delete n’est pas envisageable.

Merci pour cette nouvelle de marde.  Il ne me reste plus qu’à sauter en bas du pont Jacques-Cartier.

Mais non…  Ne faites pas cela.  Premièrement, être fiché par Google et Facebook ne vous attirera pas uniquement des désagréments.  Et puis le pont Jacques-Cartier est un mauvais lieu de suicide.  Vous feriez mieux d’aller dans un endroit où vous avez moins de chance de rencontrer Michel Barette.

L’astrologie est dépassée.  Il faut maintenant savoir lire entre les lignes de l’Internet, marcher dans les pistes tracées par le géant Google et suivre les étoiles que nous envoie Facebook…  En bref, leurs suggestions.

Depuis le jour où j’ai décidé d’aimer publiquement la fan page de Lady Gaga tout de suite après m’être mis « attending » au dernier spectacle des Scissor Sisters, j’ai commencé à recevoir des suggestions de boutiques offrant l’épilation laser du chest, ainsi que des promotions offertes sur des croisières gaies dans les environs d’Ibiza.

Ça y est, on m’avait fiché : un jeune éphèbe amoureux de la mer.

Avec le temps, j’ai réussi à ne plus voir ces offres publicitaires, mais récemment, une publication commanditée a attiré mon attention : « Looking : find something real ».

Être dans le real, ça me connaît (kind of).  Le lien menait vers une toute nouvelle série télé made in HBO, Looking.

Looking suit le quotidien de trois trentenaires vivant à San Francisco : Patrick travaillant dans l’industrie des jeux vidéo, Agustin l’assistant d’artiste, et Dom l’expérimenté, mais aucunement posé dans sa vie amoureuse…

Trois amis dont nous suivons les histoires de coeur, finalement très communes.

Léger détail : les trois garçons sont gais.  Et c’est là que réside la grande réussite du premier épisode : ça reste un détail.  Contrairement à la majeure partie des séries dans lesquelles on croise des personnages homosexuels, il n’est pas question ici de coming-out, d’acceptation de soi ou du regard de la société sur la consommation excessive de poppers.  Ici, les personnages sont juste homos et on n’en fait pas une affaire d’État.

Plusieurs critiques l’ont appelé à tort le nouveau « Girls gai ».  Looking n’a rien à voir avec Girls, sauf peut-être le fait d’être diffusé le dimanche soir sur la même chaîne.  Moins barrés, moins névrosés, les garçons de Looking sont plus sages que leurs petites soeurs new-yorkaises.  Pas d’excentricité, pas de caricature, Looking réussit à parler des gais avec sobriété et simplicité.  En mode low profile.  Merci pour cette émotion.

Deux épisodes ont déjà été diffusés.  Le premier se trouve en intégralité sur YouTube.  Regardez !

Chronique de l’échec.

Chronique de l’échec.

Au Cégep, je n’ai eu qu’un seul échec inscrit à mon bulletin : golf.  Quelle idée de choisir ce sport comme cours d’éducation physique…

59%, c’est la note que mon professeur a jugé bon de me remettre.  J’avoue que lors de mon examen, je n’ai réussi à frapper qu’une seule balle, qui s’est malheureusement projetée dans le sens inverse du trajet demandé, pour aller s’échouer à vive allure sur la cuisse gauche d’un étudiant en industrie forestière.

59%, c’est pour ta participation en classe.

À un point de la note de passage, je doute que tu veuilles réellement me féliciter pour mon enthousiasme débordant à frapper (ou tenter de) des balles avec un fer 8.  Tu ne veux que souligner à grand trait ma facilité à imiter le look de Tiger Woods sans toutefois avoir une once de son talent sur le green.

De toute façon, il a depuis été prouvé que Tiger Woods n’est pas un exemple à suivre si l’engagement et la fidélité sont des valeurs essentielles à tes yeux.

Bref, la maigre note de 59% est restée inscrite dans mon dossier, comme une belle tache d’encre en plein milieu de mon futur rempli de promesse.

Un échec, ça arrive.  C’est plate, mais il faut apprendre à vivre avec.  Il clôt un chapitre de notre vie, parfois de façon abrupte, sans préavis clair ni réels signes avant-coureurs.  Le point positif ?  Ça fait de maudites bonnes histoires à raconter.

Entre deux réflexions sur la tangente que semble vouloir prendre ma vie depuis quelques mois, je me suis permis un répit tendresse qui m’a conduit au cinéma voir Inside Llewyn Davis, le dernier film du tandem Joel & Ethan Coen, un poème hivernal dédié à la bohème musicale de Greenwich Village en 1961.

Llewyn Davis est un musicien folk sans domicile fixe et au compte en banque inexistant.  Dormant de canapé en canapé chez des amis légèrement plus fortunés, il se remet difficilement du suicide de son ami avec qui il formait un duo musical.  Oeuvrant maintenant en solo, l’homme a un incroyable talent, une voix superbe, un charisme, une prestance, mais ne semble pas avoir de chance…

Enfin, tout ce qu’il touche se transforme en occasion ratée.  Il met enceinte la blonde de son ami, il est floué dans ses droits d’auteur et n’obtient pas de redevances sur une chanson populaire, il ne parvient pas à impressionner un important gérant…  Ne lui reste que ce petit chat caramel qui lui colle aux pieds, deux âmes perdues qui se sont trouvées.

Ce Llewyn Davis est un magnifique loser, mais également un farouche indépendant d’esprit.  Llewyn représente l’homme sacrifié, celui qui va donner son âme à sa musique, défoncer les portes, mais également refuser les opportunités au nom d’une intégrité artistique…  La liberté surpasse-t-elle réellement l’argent ?

Inside Llewyn Davis est une oeuvre mélancolique, une chronique de l’échec qui s’avère être un des meilleurs films de l’année.  Comme quoi, il y a toujours espoir de voir jaillir une fleur au milieu d’un tas de marde.

Bons baisers de Milan.

Bons baisers de Milan.

La semaine de la mode masculine bat son plein à Milan.

Je ne sais pas si les Milanais ont le caquet aussi bas que moi en ce début d’année.  Avec la fin des festivités de la nativité, le retour au travail, le début des résolutions sportives irréalisables et la température de crotte de type « apocalypse qui donne aux rues un look post-tsunami les jours de collecte de recyclage »…  Bref, en regardant les photos de cette fashion week, j’arbore le visage d’un cynique ambiant qui me fait dire « WTF » à la vue de chaque nouvelle collection de designers réputés.

Pour l’automne-hiver prochain, je ne m’habillerai que d’un large drap contour en signe de protestation.

…  Jusqu’à ce que je change d’avis et me garroche dans les boutiques, flamber mes derniers pennies récoltés à la sueur de mon front et de mes derrières de genoux.

Un western pizza-ghetti

Je n’ai jamais tripé sur Versace, sauf peut-être lorsqu’il est question de Donnatella elle-même, en photo de préférence, avec son visage interloqué, source de trash puissance dix.

Ceci dit, sa nouvelle collection semble toutefois intéressante.

Mi-bikers, mi-shérifs…  L’inspiration se trouve dans le Western moderne où des cowboys branchés, vêtus de chemises noires et de long trench-coat ont, à leur cou, des chaînes en or et autres étoile de shérif qui brillent afin de mieux parcourir la prairie.

En rouge et noir, la plupart des propositions viennent sans rien sous les chaps, sauf peut-être un protège-sexe en cuir qui s’orne de clous dorés.

Inutile de préciser que le protège-sexe n’est pas obligatoire.  Une bobette de coton pourra elle aussi faire l’affaire sans altérer le look général.

College boy gone wild, mais ça paraît pas tant que ça

Ma découverte de la semaine, la marque Les Hommes des designers Tom Notte et Bart Vandebosh.

J’avais jamais entendu parler…

Dans leur nouvelle collection automne-hiver 2014, ils ont intégré des touches de modernité subtiles dans des constructions traditionnelles.

En clair : c’est ce qui différencie un beau complet avec un truc loué chez Moores.

Souvent habillés de noir de la tête aux pieds, les hommes maigres retrouvent la joie des imprimés dans des ensembles classiques et de bon goût.

Chandails col rond, pantalons coupes skinny, trench-coat couleur unie…  Le mot d’ordre est le luxe !

Prêt pour le grandeur nature

Dolce & Gabbana, voilà un autre designer que j’associe à une clientèle préretraitée qui aime fréquenter le Black And Blue, abondamment stimulée par la digestion de nombreux poppers.

Le mépris mis de côté, je dois avouer que la prochaine collection du duo fait quelque peu envie.

Inspirée du Moyen-Age, Dolce rend hommage à l’époque des châteaux forts.  Mais cette fois-ci, y évoluent surtout des hommes doux, tendance guerre sainte.

On retiendra la forme bien particulière de la cagoule de chevalier, déclinée ici en crochet.  Mais aussi l’immense chandail, sac de couchage potentiel, inspiré de la structure de l’armure : entre protection et fragilité, cottes de mailles et ferraille lustrée, velours et tricot…  Mon coeur balance.

Et ce rouge…

Ces écrits du passé…

Ces écrits du passé…

Terminer l’année 2013 sur la chanson Call Girl de Nanette Workman, et débuter 2014 par une série de rigodons pendant au moins une demi-heure, voilà l’idée qu’a eu le DJ de pacotille du bar où j’ai décidé de défoncer le Nouvel An.

On aura vu mieux comme playlist.  Et pour ajouter au charme du moment, les toilettes étant bouchées, elles ajoutaient une généreuse odeur de marde à l’ambiance générale.

#YOLO.

Mais ce qui compte vraiment au jour de l’an, c’est d’être entouré de personnes que l’on aime.  De ce côté, j’ai été choyé.

Pour le reste, il y a mon blogue.  Des états d’âme, en veux-tu, en v’là.  Mais avant de plonger dans des larmes inédites, je vous offre ma rétrospective de 2013, le Top 10 des histoires les plus consultées sur Merci pour cette émotion.

1.  That’s it, that’s all.

Sans farce, j’ai eu un gros coup de coeur pour Guylaine Gagnon la première fois que j’ai visionné un de ses bijoux de vidéos.

Le topo était simple : une visite guidée dans un Jean Coutu.

2.  C’est pus juste de la TV, pantoute.

C’est juste de la TV, je l’écoute, mais pas le vendredi.

C’est d’ailleurs une des seules émissions québécoises que je regarde assidûment chaque semaine.

3.  La divine Terreur.

Madame La Terreur est une artiste multidisciplinaire de Montréal.

Qu’il soit question de peinture, de vidéo ou de performance, ses oeuvres offrent un regard critique de la société en utilisant un mélange d’humour et de satire.

4.  Courir is the new black.

La mode est au sport.  Principalement la course.

Il n’y a pas un week-end sans qu’un marathon s’organise dans les rues de Montréal ou de ses environs.

5.  34.

Parfois, même les histoires les plus tristes peuvent, avec le temps, se transformer en un doux et lointain souvenir.

Dans mon cas, elles deviennent des chansons électro-pop mélodramatiques.

6.  Quatre filles et une robe taille empire.

Loin de moi l’idée de vous faire un témoignage féministe de type « allons brûler des soutiens-gorges au Square Phillips en chantant du Melissa Etheridge ».

Je veux simplement vous parler de la série télé Girls diffusée sur HBO.

7.  Synchronisation en cours.

En lisant les colonnes technos du journal, j’ai pris connaissance d’une découverte qui saura peut-être me redonner un semblant de confiance en la vie.

Les Google Glass (ou « barniques du moteur de recherche »).

Mascara And Popcorn8.  Eyeliner et petit chip au ketchup.

J’ai beaucoup de difficulté à différencier Chucky et Tranches de vie.

Dans les deux cas, c’est de la torture intellectuelle qui me donne à tout coup l’envie d’en finir dans ma salle de bain.

9.  Un ben beau portrait.

Plus de 150 photos de presse; des clichés marquants qui ne peuvent nous laisser insensibles.

Chaque image s’accompagne de son histoire.

10.  Le jour où j’ai arrêté de manger du fromage Gouda.

Ce n’est pas la première fois que je m’essaye à l’entraînement.

M’abonner à un gym est une action, un désir qui me prend, comme un cauchemar récurrent, et dont je ne réussis jamais à me débarrasser.

Tout pour la musique.

Tout pour la musique.

Mon année 2013 se résume ainsi : des disques, des disques, pis encore des disques !  …  La variété, ça me connait !

Parmi ces galettes de vinyle, quelques chansons précises sortent du lot.

Voici donc mon Top 10 des singles de 2013 !

1.  Depeche Mode – Heaven

Même après 30 ans de carrière, Depeche Mode continue de se réinventer.  Dans un trip bluesy sur leur dernier album, Heaven est une parfaite carte de visite.

Rythme entêtant, imagerie sombre…  La voix de Dave Gahan n’a jamais été aussi riche.  Une perle !

2.  Gabriella Cilmi – Symmetry

À l’écoute de son troisième album The Sting, il n’y a plus aucun doute : Gabriella Cilmi est beaucoup plus qu’une jolie fille.

De toutes ses chansons, je retiens Symmetry.  Le parfait mélange de pop, d’aérien, de beat, et d’instruments à cordes.  ♥

3.  David Bowie – Where Are We Now?

Le comeback de David Bowie en ce début d’année aura pris tout le monde par surprise.

Where Are We Now? nous présente une nouvelle facette du caméléon Anglais : la fragilité.  Envoûtant.

4.  Chvrches – Recover

Découvert par surprise sur un blogue musical indie, puis retrouvé dans la long list du BBC Sound of 2013, Chvrches m’a par la suite accompagné pendant une bonne partie de mon année.

Ce son, cette voix…  Recover, cette bombe !

5.  Pet Shop Boys – Vocal

Je l’avoue, j’ai mis plusieurs écoutes avant d’apprécier ce Vocal.  La structure redondante de la chanson ne m’a pas convaincu…

Finalement, c’est cette même redondance hypnotique qui me la fait jouer sur repeat depuis 6 mois.  Pouvoir vaudou…

6.  Daft Punk – Get Lucky

Qui n’a pas entendu Get Lucky au moins une fois cet été.  C’est inévitable, la ritournelle groovy de Daft Punk me donne à tout coup l’envie de danser tel un cheval de l’apocalypse !

Le hit de l’été, point final.

7.  Justin Timberlake – Mirrors

Un autre retour surprise, celui de Justin Timberlake, n’a pas comblé totalement mes attentes…  The 20/20 Expérience ne transformera pas votre salon en dancefloor, mais peut-être en boudoir sensuel…

Mirrors, c’est pas sexy, mais c’est d’une beauté mélancolique parfaite !

8.  Lady Gaga – Applause

Elle a beau commencer à taper sur le système de pas mal de gens, reste que Lady Gaga excelle quand vient le temps de nous faire danser.

Avec Applause, on est loin de l’Art annoncé, mais on se secoue les hanches sans aucune retenue.

9.  The Killers – Shot At The Night

Sur Shot At The Night, The Killers flirt solide avec les eighties, et ce n’est pas pour me déplaire !!

Merci à M83, aux manettes de cette renaissance !  J’en prendrais bien un album complet.

10.  Hurts – Miracle

Moins synth-pop et mélancolique, le duo Hurts a opéré un virage rock avec leur deuxième album Exile.

Y’a de bons moments, d’autres moins convaincants.  Mais Miracle est définitivement réussie.

Mention honorable

0.  Céline Dion – Loved Me Back To Life

Contrairement à ce que l’on peut entendre sur les ondes de TVA, le nouvel album de Céline Dion est un flop.

Dommage, parce que sa chanson Loved Me Back To Life a énormément jouée chez moi…

Alors, on jase ?

Alors, on jase ?

Quand Élyse Marquis annonçait les produits Swiffer il y a quelques années, j’étais un peu crampé, et ce, pour plusieurs raisons.  Je ne vais pas vous en faire l’énumération, de peur d’être invité à Tout le monde en parle pour me faire lyncher en public par France Beaudoin en mode « équestre ».  Disons simplement que l’on n’avait encore jamais vu une comédienne triper autant sur des produits nettoyants.

Ce week-end, donc quelques années après que le contrat de pub à Élyse ne soit pas renouvelé, une grande envie de nettoyer mon appartement au peigne fin m’est tombée dessus à grands coups d’explosions et de pyrotechnie abondante.  (C’est que… j’étais dû !)  Entre deux feux d’artifice, je me suis souvenu du visage satisfait d’Élyse lorsqu’elle utilisait son Swiffer WetJet pour les taches tenaces situées sous sa table à manger.

Un Swiffer WetJet, voilà qui redonnerait de l’éclat à mes tuiles en simili gyproc !

Désormais propriétaire d’un splendide sourire Marquis, je suis entré en trombe au supermarché, en quête du balai magique rempli de promesses.

– WetJet ?  J’pense qu’on en a pus.  Mais on a des Swiffer 360 par exemple ?
– Est-ce que ça expulse des jets puissants afin de déloger la crasse ?
– Je pense pas.  C’est un plumeau.

De retour chez moi, j’avais un nombre incalculable de plumeaux pour dépoussiérer l’écran de ma télé cathodique, mais rien qui aurait pu s’occuper de la tache de confiture installée bien confortablement sur la tuile B-12 à l’entrée de ma cuisine.

Dans la vie, y’a des combats plus difficiles que d’autres.  Dans un soupir de découragement, je me suis étendu sur mon sofa, épuisé, vaincu.

Je suis resté là un bon trois heures.

Perdu dans mes pensées, mon désespoir et mes rêves brisés, je suis allé dans l’App Store de mon téléphone pseudo intelligent afin de voir s’il existait une application me permettant de savoir où diable je pourrais acheter un Swiffer WetJet.  Cette application miracle n’existant pas, j’ai plutôt misé tous mes espoirs de salut en téléchargeant Circle, un tout nouveau réseau social décrit comme le plus populaire au monde (???), présentement en première position des applications les plus installées sur les appareils Apple.

Considérée comme le futur des réseaux sociaux par des têtes bien pensantes du Huffington Post, Circle est un instrument qui permet de nous tenir au courant de ce qui se passe autour de nous tout en créant et cultivant un réseau avec les personnes vivant dans notre ville.

Je l’ai essayé, j’ai haï ça.

Premièrement, y’a personne de Montréal là-dessus, ou presque.  Deuxièmement, à part avoir le feeling d’être invité à tous les open houses de l’Île par des jeunes de 16 ans, j’ai rien appris d’utile.  Et surtout, personne n’a répondu à mon post d’une importance capitale :

Where can I buy a Swiffer WetJet, please ! #YOLO

Y’a bien une Cassandra qui a fait « j’aime », mais c’est pas mal toute.

On verra bien, mais je doute qu’on se souvienne de Circle dans 10 ans, autant qu’on se rappelle des Swiffers d’Élyse aujourd’hui.

Le pouvoir de la pub…

La grande noirceur.

La grande noirceur.

Il est tombé environ 14 flocons de neige vendredi dernier.  C’était la catastrophe, l’état d’urgence.  Devant mère Nature qui se déchaînait contre nous, j’en suis venu à me demander pourquoi j’acceptais ça, 14 flocons, à la fin novembre, tout à fait gratuitement.

Nous vivons dans le tiers monde.  14 flocons, c’est une joke ?  Est-ce que je vais devoir déménager en Norvège si je veux un jour pouvoir utiliser mes raquettes à neige ?

Ceci dit, malgré les 14 pauvres petits flocons tombés sur l’île de Montréal, j’ai manqué d’électricité.  Oh… pas longtemps.  Mais juste assez pour perdre le texte que j’étais en train d’écrire et d’entendre ma voisine lâcher un gros « tabarnak » bien sonore.

(Deux points bien importants sont à spécifier ici : mon appartement est mal isolé ET ma voisine sait très bien se servir de son diaphragme en temps de crise.)

J’ai manqué d’électricité.

Manquer d’électricité.

Autant dire que je suis mort quelques minutes, que j’ai vu de quoi avait l’air l’au-delà, avant de revenir à la vie, terrifié.

Ma vie dépend de l’électricité.  Sans elle, je ne suis rien.  Et non, je ne suis pas un robot.  …  Enfin, je ne pense pas.  Maman ?

Du grille-pain au plafonnier, en passant par le téléviseur, l’ordinateur et même le iPhone qui, lorsque sa batterie se sera déchargée, me coupera définitivement du reste du monde, mon univers entier tourne autour d’appareils électriques.

Thomas Edison me tient par les couilles !

Mais comme un fumeur après une transplantation double des poumons, je n’ai pas le goût de changer mes habitudes.

Noël approche.  Qui dit « Noël » dit « donner des cadeaux ».  Qui dit « donner des cadeaux » dit également « recevoir des cadeaux ».  Qui dit « recevoir…

OK, on a compris.

Chaque année, mon gros stress du temps des fêtes, c’est maintenant que ça se passe : ma mère veut que je lui fasse une liste de cadeaux que j’aimerais recevoir.

Je me doute qu’il y a des trucs beaucoup plus plates à faire dans sa vie, mais reste que cette année, je n’ai aucune idée.  Je ne sais pas quoi demander…

Quand tu es jeune, ton cadeau de Noël, tu y penses dès le mois de mars.  Aujourd’hui, quand tu souhaites quelque chose, tu vas te l’acheter.

Digne du trentenaire masculin que je suis, j’entre parfaitement dans l’image clichée que projettent les publicités : pour faire mon bonheur, n’importe quelle gogosse techno fera l’affaire.

  • Une télé HD
  • Un enregistreur numérique pour ne pas manquer mes 30 vies
  • Un système de haut-parleurs sans fils que je pourrai installer jusque dans ma salle de bain (Prendre ma douche au son du dernier Cher, le rêve)
  • Une tablette avec laquelle je ne saurais pas quoi faire, mais que je serai bien fier de sortir en étant assis dans le métro
  • Un bluetooth.  Je sais pas trop à quoi ça sert, mais j’imagine que c’est beaucoup plus tendance qu’un micro-casque…

Bref, n’importe quoi qui me fera à nouveau mourir quelques minutes lors de la prochaine panne d’électricité causée par 14 pauvres petits flocons de neige en forme de triangle isocèle.

David Bowie is sold out.

David Bowie is sold out.

Ce que je connaissais de Toronto ?  Pas grand-chose.  Il y a une chanson de Jean Leloup qui raconte une balade vers cette métropole du Canada.  Elle n’est pas mauvaise.  Mais à part ça, c’est tout.

Dans les derniers mois, les spotlights ont été tournés sur cette ville pour une raison évidente.  Non pas à cause de leur maire actuel qui semble partager une même passion avec feu Whitney « crack is wack » Houston, mais bien pour l’exposition David Bowie Is présentée à l’Art Gallery of Ontario.

Un voyage en train s’imposait donc pour faire d’une pierre deux coups : enrichir mes connaissances sur le caméléon du rock, et en connaître davantage sur la consommation de drogues dures en milieu urbain.

Lorsqu’on passe le seuil de l’exposition David Bowie Is, aux 4e et 5e étages du AGO, on est surpris par la taille des installations.  Les panneaux explicatifs, les vidéos, les costumes…  Les yeux sont invités à regarder en l’air, et à admirer les couleurs d’un David Bowie aux multiples facettes qui marqua plusieurs générations.

Près de 50 ans de carrière sont ici visibles, à travers accessoires, vidéos, musiques et autres objets de l’artiste.  Le premier étage jette quelques bases biographiques alors que le second se concentre davantage sur les différents personnages qu’incarna l’artiste.

Dans son travail, il se sera servi à chaque instant de tous les arts possibles : le théâtre, le mime, la danse, le dessin, la peinture même.  Son processus de création est marqué par diverses influences, toutes présentes ici, d’Andy Warhol, à Little Richards, en passant par Stanley Kubrick.

Ainsi nous retrouvons Ziggy Stardust, Major Tom, ou encore David Bowie en clown blanc (mon préféré), plongés au coeur de la construction de ces multiples identités.  Les costumes, dont beaucoup ont été conçus par de grands stylistes, fascinent par leur géométrie et leur avant-gardisme.

Le « David Bowie acteur » est aussi rapidement présenté avec la diffusion de quelques extraits des films et la présence d’accessoires de tournage.  Oui, la sphère magique de Labyrinth s’y trouve !

Cependant, l’exposition manque parfois de recul… et ce, à deux niveaux.  On tourne parfois dans le fétichisme aveugle, comme avec les clés de l’appartement que David Bowie partagea avec Iggy Pop à Berlin, encadrées et trônant sur le mur.

Un manque de recul également provoqué par les visiteurs de l’exposition, en trop grand nombre, qui semblent n’avoir jamais mis les pieds dans un musée et qui observent les oeuvres à 15 cm de distance, forçant les autres à attendre en file indienne…  Contraignant.

Les puristes diront qu’il manque de grandes périodes importantes dans la carrière de l’artiste…  Faut croire que l’album Never Let Me Down ne méritait pas d’être au musée…

Finalement, pas besoin d’être un grand connaisseur pour aller voir cette exposition.  Elle raconte avant tout comment un artiste complet a oeuvré pour que, comme il le résume bien, « la musique ressemble à ce qu’elle sonne ».

– Pis, comment c’était Toronto ?
– *avec une voix de grannie*  C’était humide !

À voir jusqu’au… 29 novembre.  Donc on se dépêche !