La misère des gens pauvres et qui chantent bien.

La misère des gens pauvres et qui chantent bien.

Je suis Capricorne, du troisième décan.  Cela signifie que ces jours-ci, je célèbre mon anniversaire.

(Je dis « ces jours-ci » parce que je finis toujours par avoir deux ou trois partys avec des gangs séparées.  Une panoplie d’occasions différentes pour te rappeler que tu n’es plus jeune et qu’il est grand temps de devenir une personne responsable en choisissant entre un condo au centre-ville ou des greffes de cheveux.)

Ceci dit, le jour même de ma fête, j’avais les bleus.  Et tant qu’a brailler dans son salon, autant le faire en public.

C’est donc avec les yeux rouges dignes d’un toxico qui se pique direct dans l’iris pour plus de sensations que je me suis garroché au cinéma afin de faire du rattrapage.  Je manqué la totalité des films à l’affiche cet automne.  Je n’ai vu aucun blockbuster pendant le temps des fêtes…  Bref, je ne connais aucun titre en nomination aux prochains Oscars.

– Mademoiselle.  Quel est le film le plus triste à l’affiche en ce moment ?
– … Le plus triste ?
– Ouais.  C’est ma fête aujourd’hui et j’ai l’intention de brailler ma vie.
– Bonne fête !
– Ne changez pas de sujet.  Faites-moi pleurer !!!

Inspiré du chef-d’oeuvre de Victor Hugo, Les Misérables raconte, dans la France du début du 19e siècle, la vie de Jean Valjean, de sa sortie du bagne jusqu’à sa mort.  Témoin de la misère du siècle, ce personnage héroïque croisera sur sa route, « les Misérables ».  Fantine, jeune femme sans le sou qui sera obligée d’abandonner sa fille Cosette aux Thénardiers, aubergistes sans scrupules…  Ou encore Javert, inspecteur de police zélé qui n’aura de cesse de le poursuivre jusqu’à sa mort pour le rappeler à la justice…

Les Misérables est une superbe comédie musicale.  La récente adaptation cinématographique signée Tom Hooper lui fait honneur.  Les images sont belles, certes, mais ce sont les différents interprètes qui tiennent véritablement le film à bout de bras, plus particulièrement Anne Hathaway qui est bouleversante de vérité.

Quand une comédie musicale jouissant d’un statut comme celui des Misérables débarque dans un cinéma près de chez vous, précédée d’un écho favorable en vue des Oscars, on s’attend à beaucoup.

Cette histoire a été vue et entendue de tous et il y a longtemps que les cinéphiles attendent cette superproduction.  Dans ce cas-ci, on parle de 25 ans de développement depuis la toute première mouture sur scène.

Oui, c’est un peu pompeux.  Et puis, il faut aimer le genre.  Mais je salue au passage les acteurs qui ont véritablement chanté leurs chansons pendant le tournage plutôt que d’avoir lipsynqué sur des bandes préenregistrées.  Il y a beaucoup de souffle, de respirations…  Les notes sont parfois un peu vacillantes, mais le jeu est ainsi criant de vérité.

Hier soir, lors des 70es Golden Globes, Les Misérables a été sacré meilleure comédie musicale de l’année 2012.  De leur côté, les acteurs Hugh Jackman et Anne Hathaway l’ont emporté dans les catégories du meilleur acteur et du meilleur second rôle féminin.

Un film à voir, à écouter, mais surtout à brailler.

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Un oubli.

Un oubli.

On m’a déjà reproché de ne pas me souvenir de détails pointus lors de conversations intenses échangées autour d’un café Baileys.  Vrai, j’ai malheureusement une mémoire de type « j’ai le pelvis à l’air au Square Berri ».  Mais n’est-ce pas ce qui fait mon charme ?

Ne répondez pas tous en même temps, s.v.p.

Je suis allé voir le film Monsieur Lazhar il y a quelques mois.  C’était ben ben bon.  Au point de gagner un Oscar ?  Quand même pas.  Mais devant l’excitation générale provoquée par sa mise en nomination dans la catégorie du meilleur film étranger, je me sentais un peu grincheux.  C’était un bon film, mais non oscarisable selon moi.

– Tout à fait d’accord.  Surtout que c’est Une séparation qui va gagner.
– Euh…  Ouin, c’est ça !

Il y a deux semaines, j’avais envie de voir une bonne comédie légère.  J’ai cherché un film racontant l’histoire d’une jeune fille américaine, carriériste, qui en arrache au début, mais qui finit par se trouver un super boulot, un pétard de mari et une big maison avec clôture blanche à deux minutes de Washington DC.

J’ai loué Bridesmaids.  C’était nul à chier.

– Je t’avais dit aussi d’aller voir Une séparation, c’est le film de l’année !
– Ouin…  Mais y’était pas sur illico, pis j’avais pas envie de sortir…

On se le cachera pas, L’empire Bo$$é, ça a l’air dégueulasse.  Mais quand je regarde les films à l’affiche en ce moment, il y a rien d’intéressant.

– Va voir Une séparation, c’est en plein ton genre de film.
– C’est pas le nouveau film avec Diane Keaton ?

Ce week-end, je suis allé voir un excellent film au cinéma.  C’est mon premier coup de coeur de 2012.  Je n’en avais pas vraiment entendu parler.  Disons que je l’ai choisi un peu par hasard.  Je trouvais l’affiche belle, intrigante…  Ce week-end, j’ai vu Une séparation du réalisateur Asghar Farhadi.

– Ben là, ça fait trois mois que je te dis d’aller le voir !
– Pas sûr.  Si tu m’en avais parlé, je m’en souviendrais, QUAND MÊME !

Une séparation raconte une histoire universelle, tout en révélant un portrait très précis et contemporain de la société iranienne.

L’auteur et cinéaste Asghar Farhadi s’est intéressé à un couple bourgeois de classe moyenne en crise.  Une femme, inquiète du contexte de plus en plus lourd dans lequel elles doivent évoluer, compte s’expatrier avec sa fille.  L’homme, dont le père est atteint de la maladie d’Alzheimer, refuse de quitter et compte rester au pays avec leur fille.

Au départ, cette histoire semble presque banale.  Le cinéaste crée pourtant un suspens passionnant qui mêle habilement l’intime, le social et le politique.  Farhadi pose un regard subtil sur sa société, renvoyant inévitablement le spectateur à ses propres interrogations, sa propre grille de lecture, sa propre morale.

– On va au cinéma mardi ?
– Oh oui, bonne idée !  As-tu vu Une séparation ?  Tu devrais, c’est un sacré bon film !
– C’est moi qui t’ai recommandé d’aller le voir…
– …
– Antoine, sais-tu comment je m’appelle ?
– T’es qui toi, je t’ai jamais vu de ma vie.

Feel-green movie.

Feel-green movie.

Lorsque la vie nous rappelle qu’elle est une salope de première, il est toujours bon et réconfortant de se replonger tête première dans nos souvenirs heureux reliés à l’enfance, 100% nostalgie.

En ce week-end de thanksgiving américain (et de fin de semaine québécoise de base) sortait sur les écrans The Muppets, premier film des célèbres marionnettes depuis que Disney en a racheté les droits d’exploitation avec l’objectif ferme de leur redonner la gloire d’antan…

Cette douce nostalgie joue pour beaucoup dans ce récit volontairement kitch.  Gary et Mary forment un couple on ne peut plus chaste depuis près de dix ans.  Ils vivent à Smalltown, une petite ville ressemblant fortement à un Disneyworld low budget.  Pour célébrer leur anniversaire de « vie à deux », ils vont visiter Hollywood accompagnés du frère de Gary, Walter.  En plus d’être le fan numéro 1 des Muppets, Walter est lui-même une marionnette.  Visiter les vieux studios des Muppets est donc un de ses plus grands rêves.

Comme le groupe s’est séparé en 1999 à la suite de divergences d’opinions artistiques ayant mené à une série d’échecs consécutifs, les studios des Muppets sont à vendre pour la modique somme de 10 millions de dollars.  Gary, Mary et Walter tentent alors de convaincre la joyeuse bande de Kermit de se reformer.  De nouveau ensemble, nos héros ressassent les jours d’antan en cherchant l’argent nécessaire à sauver leur vieux théâtre lors d’un immense téléthon.

Le scénario utilise avec le panache requis ce qui a fait la signature des marionnettes cultes : un humour naïf qui ne se fait jamais aux dépens des autres, enrobé d’innocence et de charme.  Cela n’exclut pas les défauts et les problèmes existentiels (irrésistiblement traduits dans la chanson Man Or Muppet) et les grands numéros musicaux (difficile de rester assis au moment du final sur Hollywood Boulevard).

Le melting pot de chansons, de danse, de claquettes et de belles morales forme un amalgame désuet qui est particulièrement délicieux, débutant en grande pompe lors de cette sublime introduction qui donne simplement l’envie de sauter partout.  La machine à reculer le temps effectue un bond jusqu’à l’enfance, à cette période doucement naïve où l’amitié et les sentiments du coeur s’exprimaient à l’aide d’une mélodie.

Le retour au grand écran des marionnettes créées par Jim Henson est une réussite.  Tous ceux qui ont un coeur d’enfant, qu’ils aient grandi avec The Muppet Show ou non, succomberont au charme de Kermit, Miss Piggy et compagnie lors de cette heure et demie garnie d’un bonheur simple et sans cynisme.

La promo entourant la sortie est toute aussi jouissive que le film en lui-même.  En plus des multiples faux trailers empruntant styles et esthétiques des autres films de genre, leurs clins d’oeil aux personnages d’Edward, Bella et Jacob de la saga Twilight étaient particulièrement sympathiques.

La bande originale du film est aussi fort agréable et remplie de belles surprises.  En tête de liste ?  Forget You de Cee Lo Green reprise par le groupe Camilla and the Chicken.  Big Love de chez Big Love !!

Latte à la citrouille épicée.

Latte à la citrouille épicée.

Je suis un grand buveur de café.  C’est un besoin.

Le matin, je ne suis pas fonctionnel tant que je n’ai pas ingurgité ce précieux liquide brunâtre.  Ce que la caféine provoque en moi ?  Simple.  Je ne suis pas encore décédé, mais j’expérimente tous les jours le retour à la vie après une nuit de sommeil.  Les matinées, pour moi, c’est la mort.  Boire un café me propulse dans un état festif 100% pentecôte qui me permet de, non seulement débuter ma journée du bon pied, mais de ressusciter, tout simplement.

Je suis un grand buveur de café.  C’est une drogue.

Ceci dit, à tous les matins, je me garroche comme un « pas de classe » chez Starbucks afin d’obtenir ma dose quotidienne de latte.  La semaine dernière, mon serveur attitré (client VIP oblige) m’a fait goûter à une toute nouvelle sorte de latte, une édition collector disponible uniquement pour la période automnale pré halloween : le latte citrouille épicée.

Goûtes-y !  Tu vas voir, y a une bonne portion de légumes là-dedans !

Avec une amorce comme celle-là, je m’attendais à avoir une bonne dose de brocolis…  Finalement, pas vraiment.  Mais je vous recommande fortement cette saveur de latte disponible en édition limitée dans tous bons Starbucks près de chez vous.

(OK, je l’ai fait ta pub.  Asteur, je peux-tu avoir mes cafés gratiss pour le restant de l’année ?  Pleeeaaase ?)

Suite à cette introduction un peu boiteuse, je pousserai l’audace jusqu’à vous parler du nouveau film de Jean-Marc Vallée, Café de Flore, film sorti sur nos écrans vendredi dernier et dont j’ai eu la joie de voir en fin de semaine, après avoir bu deux grande latte citrouille épicée.

(À ne pas faire.  J’ai dû aller aux toilettes à deux reprises pendant la projection.  De un, ça me fait perdre le fil de l’histoire.  De deux, j’ai l’air d’un gars incontinent qui devrait prendre l’habitude de se déplacer avec un sac blanc.)

Café de Flore est un film dense et touchant.  À travers l’histoire d’un hom­me lucide qui a tout pour être heureux et celle d’une mère folle d’amour pour un gamin qui a aussi tout pour être heureux, mais qui est dépourvu de cette même lucidité pour l’apprécier, Café de Flore explore le thème de l’amour qui fait mal, l’amour qui transcende tout, l’amour qui étouffe…  Bref, l’amour plus fort que tout.

Si le choix de Kevin Parent comme acteur principal (le DJ au succès rappelant Daniel Desnoyers) pouvait paraître étonnant au départ, il s’en tire plutôt bien.  La palme revient cependant à Vanessa Paradis, transcendante en mère d’un petit enfant trisomique.

Café de Flore n’est pas un divertissement léger.  Le film fait appel à l’intelligence émotionnelle du spectateur.  Il nous bouscule, nous fait perdre nos repères.  Voilà pourquoi il est important de bien vider votre vessie avant d’entrer dans la salle.  Un cinq minutes d’inattention pourraient être fatal et vous obliger à revoir le film une seconde fois.

…  Ce qui est mon cas.  J’y retournerai donc le week-end prochain, complètement déshydraté.

And in the end…

And in the end…

Tout se termine.
Toute bonne chose a une fin.
Et les mauvaises finissent aussi par mourir de leur belle mort…

Bref, nous pourrions tous légitimement être reçu par Josélito à bord de son train afin de papoter « deuil et autres histoires trisses ».

Je n’ai pas le monopole du mot « fin ».  Seulement, au moment où j’écris ces lignes, j’ai une liste de trucs qui viennent de se conclure dans ma vie, dans mon coeur et mes omoplates.  Voici donc en exclusivité le Top 3 de mes affaires « fenies » :

3.  Mes vacances.

Oui, j’ai survécu à trois semaines de fainéantise aiguë.  Non, je n’ai pas opté pour l’ascension des montagnes du Vermont, ni pour l’enregistrement d’un album de covers façon Nashville.  Une croisière m’a suffi et j’en garde un fantasme exacerbé.

2.  Mon amour pour les zombies.

Je trippe toujours autant sur la série The Walking Dead.  Seulement, je l’ai terminée et je n’en peux plus de savoir la suite…  GAK !

1.  La saga Harry Potter.

C’est par une chaude journée de canicule que je me suis enfermé au cinéma, à l’air climatisé, pour enfin connaître le dénouement de l’épique histoire d’Harry Potter.  Réalisé par David Yates, le même qui s’est attaqué aux trois volets précédents, j’attendais beaucoup de ces Reliques de la Mort Part 2, une finale qui s’annonçait très émotive.

Comme tous les autres volets qu’il a réalisés, David Yates a relativement raté ce dernier.  D’un avis personnel, bien évidemment…

Depuis le sixième film, l’histoire est difficile à suivre pour qui n’a pas lu les livres de J.K. Rowling.  De plus, dans cet ultime essai, certaines scènes sont mêmes passablement ridicules.  Après de grandiloquents affrontements, on tente d’éliminer la tension dramatique avec légèreté ou des plans totalement anodins.

L’ultime combat entre le bien et le mal se termine avec le concierge de l’école en train de balayer un couloir, comme si tous les dégâts n’avaient été dus que par une fête d’étudiants.  Le sentiment généré est alors que cette bataille n’était qu’une blague et on a la forte impression que tous les personnages n’en ont rien à foutre finalement.  Les morts perdent toute leur puissance émotionnelle, qu’elles soient tristes ou réjouissantes.

Heureusement, il n’y a pas que du mauvais.  Les fans de la saga Harry Potter savent bien à quel point le parcours de Severus Rogue est important.  Ce dernier film offre son lot de révélations sur cet ex-professeur de potions rêvant d’enseigner la défense contre les forces du mal.  L’ancien Mangemort est depuis longtemps antipathique envers le héros aux rondes lunettes.  Certainement le personnage le plus ambigu de l’histoire, les nouvelles révélations à son sujet viennent sauver le film.

Non, pour moi, l’émotion est venue ailleurs…

En sortant de la salle de cinéma, je me suis rappelé à quel moment et où j’avais vu le premier Harry Potter, celui qu’on qualifiait à l’époque de « film pour enfants ».  C’était il y a dix ans, à l’Université, lors de projections cheap pour étudiants paumés.  Nostalgie douce amère…

Au nom du Roi.

Au nom du Roi.

Un délice, un pur bonheur…  Un film que j’ai vu alors que l’on était trois dans la salle de cinéma.  Loin d’être VIP, on a plutôt opté pour les séances de minuit moins dix des cinémas Guzzo.  Rentrent-ils dans leur argent avec ça ?  J’en doute.

The King’s Speech raconte l’histoire méconnue du père de l’actuelle Reine Élisabeth.  D’apparence fragile et incapable de s’exprimer en public, George VI surmontera ses peurs grâce à un thérapeute du langage aux méthodes peu conventionnelles.  Sa voix retrouvée, il réussira à convaincre le peuple anglais de déclarer la guerre à Hitler.

Les dialogues brillamment écrits jouent sur la richesse du langage, en laissant sous-entendre qu’il est possible de dire beaucoup avec peu de mots.  Colin Firth y est sublime.

Le cygne du lac.

Le cygne du lac.

Sorti dans un nombre limité de salles le 3 décembre, c’est aujourd’hui que Black Swan prend officiellement l’affiche dans les cinémas du Québec.  Le dernier film de Darren Aronofsky était attendu des cinéphiles depuis qu’il a ouvert le 67e Festival du film de Venise, sous une pluie de commentaires dithyrambiques.

Le réalisateur du mémorable Requiem For A Dream donne l’occasion à Natalie Portman de se surpasser dans le rôle d’une perfectionniste ballerine appelée à jouer dans l’immortel Lac des cygnes de Tchaïkovski.  En lice pour le rôle de l’innocent cygne blanc et du sensuel cygne noir, la jeune femme sera poussée à bout par le directeur de la troupe, perplexe quant à la capacité de sa protégée à relever ce double défi.

La commande est d’autant plus lourde que Nina est une artiste à l’équilibre psychologique précaire.  Élevée par une mère étouffante, une ex-danseuse qui vit à travers sa fille ses rêves de gloire, la jeune ballerine à la sexualité funky/complexe dissimule une personnalité trouble qui sera exacerbée par l’entrée en scène d’une rivale.

D’un drame conventionnel, Black Swan se transforme alors en un audacieux thriller psychologique, avec la timide Nina confrontée à des hallucinations parfois morbides et de nature sexuelle.  Le côté sombre et refoulé de sa personnalité prendra le dessus sur ses apparences sages, au contact de cette danseuse délurée et déterminée à lui voler son rôle de cygne vedette.

Un film troublant, fort d’une mise en scène raffinée et qui ne vous laissera pas indemne à l’arrivée.