La fin de l’hibernation.

La fin de l’hibernation.

Ma vie se divise par période.  Pas comme si je venais de faire une grande découverte sur moi-même…  C’est seulement le constat résultant d’une séance de méditation prolongée dans un café moyennement hip du quartier Villeray.  (Lire : j’ai pogné le fixe dans un Tim Hortons).

J’ai des passes…  Comme les grands artistes peintres qui ont des périodes bleues, vertes, carottées ou abstraites.  Dans mon cas, un peu dommage qu’il n’en ressorte jamais de grandes oeuvres.  Mes périodes sont de type un peu plus futile…  Là, je termine un marathon extrême de SimCity qui, au bout de la ligne, m’a confirmé que la dernière mouture de la franchise est effectivement ordinaire.

Bonjour productivité.

Avant ça, j’ai consacré ma vie à faire des boutures de plantes tropicales.  Il y a également un moment où je me suis laissé tenter par des lectures sur la croissance personnelle…

Bref, le gars qui se cherche.  Quel bel hiver j’ai passé !

Là, comme un écureuil qui sort de son trou après son hibernation, je découvre tout ce qui m’entoure, tout ce que j’ai manqué pendant tant de mois et… retourne me cacher dans mon trou, la peur dans l’âme.  Ouais, c’est parce que j’en ai manqué des affaires.

La mythologie grecque veut que, lorsqu’on travaille en télé, on en bouffe sans cesse jusqu’à devenir gras comme du beurre.  C’est faux.  Je n’ai jamais si peu regardé de télé depuis que mon nom se trouve dans un générique de fin.  La saison estivale m’annonçant un répit dans mes livrables, je vais enfin pouvoir m’adonner à ce sport de guerrier : télé en replay !

Tu devrais plutôt sortir prendre du soleil…  Tu vas encore te plaindre de ton teint de peau see through.

Checkez-moi ben avec mon laptop au Parc Jarry !

J’ai jamais autant entendu parler d’une série qui, semble-t-il, n’était écoutée par personne.

Série noire.  La mal-aimée.

Je suis tombé dessus par hasard la semaine dernière.  Je zappais frénétiquement sans raison apparente autre que de vouloir vivre pleinement mon expérience câblée.  Puis, la face du dude méchant dans 2 frères a attiré mon attention.

Yé un peu tard pour accrocher, y aura pas de deuxième saison.  À cause de gens comme toé !

C’est pas moi qui ai inventé le concept des télédiffuseurs avides de cotes d’écoute millionnaires.  Mais il reste que je ne comprends pas comment la création télévisuelle doit encore se battre contre un modèle datant des années 80.

Anyway, c’est un débat vieux de deux mois.

SNL Québec.

Il parait que c’est vraiment drôle.

I’ll give a try soon.

Euh, c’est un peu tard, non ?  Les gags vont être dépassés.

RBO, c’est encore drôle…

C’est pas un truc que j’ai manqué, car elle la deuxième saison n’a pas encore débutée.  Mais j’ai sacrament hâte à 125 Marie-Anne !  Y’a un truc qui me plait grave avec Christiane Charette…  Son talent pour les interviews croisées doublé à sa capacité de spinner des records entre les pauses publicitaires.

Tout ça, et bien plus encore…  Au soleil.  AU SOLEIL !!!

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Je ne fais que regarder.

Je ne fais que regarder.

Même si j’ai la conviction d’être assez discret et de ne pas trop exposer ma vie privée sur les réseaux sociaux, c’est trop tard.  Je suis maintenant fiché par les géants américains de l’Internet.

Et s’ils ont le bonheur d’avoir un dossier sur moi dans leur gros classeur beige, il y a de bonnes chances que vous vous retrouviez également dans l’un de leurs tiroirs.  C’est comme ça, il est trop tard, on ne pourra plus jamais s’en défaire et l’option CTRL-ALT-Delete n’est pas envisageable.

Merci pour cette nouvelle de marde.  Il ne me reste plus qu’à sauter en bas du pont Jacques-Cartier.

Mais non…  Ne faites pas cela.  Premièrement, être fiché par Google et Facebook ne vous attirera pas uniquement des désagréments.  Et puis le pont Jacques-Cartier est un mauvais lieu de suicide.  Vous feriez mieux d’aller dans un endroit où vous avez moins de chance de rencontrer Michel Barette.

L’astrologie est dépassée.  Il faut maintenant savoir lire entre les lignes de l’Internet, marcher dans les pistes tracées par le géant Google et suivre les étoiles que nous envoie Facebook…  En bref, leurs suggestions.

Depuis le jour où j’ai décidé d’aimer publiquement la fan page de Lady Gaga tout de suite après m’être mis « attending » au dernier spectacle des Scissor Sisters, j’ai commencé à recevoir des suggestions de boutiques offrant l’épilation laser du chest, ainsi que des promotions offertes sur des croisières gaies dans les environs d’Ibiza.

Ça y est, on m’avait fiché : un jeune éphèbe amoureux de la mer.

Avec le temps, j’ai réussi à ne plus voir ces offres publicitaires, mais récemment, une publication commanditée a attiré mon attention : « Looking : find something real ».

Être dans le real, ça me connaît (kind of).  Le lien menait vers une toute nouvelle série télé made in HBO, Looking.

Looking suit le quotidien de trois trentenaires vivant à San Francisco : Patrick travaillant dans l’industrie des jeux vidéo, Agustin l’assistant d’artiste, et Dom l’expérimenté, mais aucunement posé dans sa vie amoureuse…

Trois amis dont nous suivons les histoires de coeur, finalement très communes.

Léger détail : les trois garçons sont gais.  Et c’est là que réside la grande réussite du premier épisode : ça reste un détail.  Contrairement à la majeure partie des séries dans lesquelles on croise des personnages homosexuels, il n’est pas question ici de coming-out, d’acceptation de soi ou du regard de la société sur la consommation excessive de poppers.  Ici, les personnages sont juste homos et on n’en fait pas une affaire d’État.

Plusieurs critiques l’ont appelé à tort le nouveau « Girls gai ».  Looking n’a rien à voir avec Girls, sauf peut-être le fait d’être diffusé le dimanche soir sur la même chaîne.  Moins barrés, moins névrosés, les garçons de Looking sont plus sages que leurs petites soeurs new-yorkaises.  Pas d’excentricité, pas de caricature, Looking réussit à parler des gais avec sobriété et simplicité.  En mode low profile.  Merci pour cette émotion.

Deux épisodes ont déjà été diffusés.  Le premier se trouve en intégralité sur YouTube.  Regardez !

En mode « grumpy ».

En mode « grumpy ».

J’aurais pu me mettre en mode « Halloween ».  L’idée des partys costumés, ça me titille à longueur d’année.  Mais quand arrive le seul moment où, en plus d’être socialement permis, tu peux trouver toutes sortes de perruques et d’accessoires par chers dans la plus louche des supérettes de quartier, c’est comme si tout le poids du monde s’abattait sur mes épaules et je suis pris d’une lassitude extrême.

– As-tu le goût de venir à mon party d’Halloween ?
– Moyen.
– Déguise-toi en Miley Cyrus.  Moi, je vais faire Robin Thicke.  On va pouvoir se coller cochon…

Je suis tellement revenu d’août 2013 que je préfère rester chez moi à manger de la soupe Chunky plutôt que de me frotter sur quelqu’un qui, sans déguisement, a trop peur de laisser transparaître ses sentiments.

J’aurais pu me mettre en mode « élections » et aller dans la rue faire de la propagande en vue du scrutin de dimanche dernier…  Mais quand arrive le temps d’être engagé, si ça ne concerne pas des projections HD de Thelma et Louise 24 / 7 sous l’échangeur Turcot, je préfère rester chez moi et parler à mes plantes.

J’aurais également pu me mettre en mode « suicide » et aller faire du bungee en bas du pont Jacques-Cartier, mais comme Michel Barrette est parti faire un road trip avec France Castel « pour le plaisir », j’ai préféré rester chez moi à attendre que ma grippe se transforme en scorbut et m’emmène délicatement vers une mort lente, mais certaine.

J’ai finalement décidé d’allumer ma télé et de me mettre en mode « Salvail ».  Et là, je ne parle pas de porter des costumes cintrés en souriant jusqu’à me donner une crampe aux maxillaires…  Je parle du nouveau talk-show de fin de soirée à V, animé par Éric Salvail.

J’haïs pas le gars.  Je suis plutôt neutre.  Je n’ai jamais suivi ses anciennes émissions…  Trop beige, clean, Télé-Métropole…

Mais s’il y a une chose que j’aime, c’est les talk-shows.  Et on est en manque au Québec.  L’an dernier, on avait le show du gros cave, mais il portait tellement bien son nom que je préférais encore écouter les nouvelles de la station beige lues par un androïde dépourvu de toute émotion.

En mode Salvail contient tout de ce qui fait le succès des talk-shows américains (pas qu’ils soient nécessairement un modèle, mais bon…) et mise d’abord sur le charisme de son animateur.  Comme concept, c’est casse-gueule, mais après avoir visionné les premières émissions qui ont débuté lundi dernier, force est de constater qu’Éric Salvail s’en tire à merveille.

En direct, sur une scène entourée de son public qui a accès à des boissons alcoolisées (Woohoo !), le ton d’Éric se veut un peu crunchy, baveux, mais pas malaisant comme l’est Joël Legendre lorsqu’il a oublié de boire sa boisson au soya Silk.

Est-ce que mon « mode Salvail » durera plus d’une semaine ?  Je l’ignore.  Une fois rétabli de ma grippe, je ferai probablement des activités plus intéressantes que regarder la TV.  Les épisodes sont disponibles en ligne, si un besoin de rattrapage s’impose.

C’est pus juste de la TV, pantoute.

C’est pus juste de la TV, pantoute.

Quel bonheur pouvoir passer ses vendredis soir seul à la maison, habillé en mou, avec une grosse coupe de vino rouge à la main tout en regardant la télé ?  Le bonheur, je vous dis.  Le BONHEUR !

Dès 18h, je m’informe avec Patrice Roy.  Son regard de braise ainsi que ses petites lèvres pincées m’aident à bien saisir l’essence de chaque actualité brûlante.

19h, c’est l’heure de L’arbitre avec Me Goldwater.  Je songe à me présenter à son émission et poursuivre mon ancienne propriétaire pour avoir rénové ma salle de bain en remplaçant mon robinet de douche par un système de pipeline funky/complexe très peu agréable à l’oeil.

À 20h, regarder Ça va chauffer ! me donne toujours envie d’écrire à TVA afin de leur suggérer de plutôt intituler leur émission « Ça va être deux chefs avec un criss d’air bête« .

Et finalement vient mon heure préférée, 21h, le moment d’écouter C’est juste de la TV.

Et c’est à ce moment que je décroche de mon personnage de La grosse femme d’à côté est enceinte.  Le vendredi, je suis fuck all devant ma télé.  Je fais autre chose, comme : de la poterie, de la gymnastique acrobatique ou du crystal meth avec des grannies garçonnes.

Ceci dit, on peut maintenant regarder la télé ailleurs que sur un écran plat plasma ou, dans mon cas, CATHODIQUE !  Toute bonne émission qui se respecte est disponible sur le Web, quelques heures après sa diffusion, et ce, tout à fait gratuitement.

Donc C’est juste de la TV, je l’écoute, mais pas le vendredi.  C’est d’ailleurs une des seules émissions québécoises que je regarde assidûment chaque semaine.

Quand j’ai commencé à suivre l’émission, André Robitaille était à la barre du show, Marc Cassivi, Liza Frulla et Anne-Marie Withenshaw étaient les trois panélistes.  La dream team.  Puis Cassivi est parti et a été remplacé par Olivier Robillard-Laveaux.  J’ai versé quelques larmes, mais me suis rapidement habitué au style de ce nouveau commentateur aux opinions parfois prévisibles, surfaites, mais toujours 100% dans le real.

Mais cette année, autant dire qu’ils ont passé le Swiffer WetJet dans l’équipe, et pas à peu près.  Sur l’affiche, il ne reste qu’Anne-Marie, pourtant en congé de maternité.  Nouvelle animatrice, Marie-Soleil Michon, nouveaux panélistes, Jean-Michel Dufaux et Dave Ouellet…

Tsé, pourquoi ne pas changer le nom de l’émission un coup parti ?

À l’annonce de ce bouleversement majeure digne d’une attaque à la bombe chimique syrienne, j’ai, cette fois, versé plusieurs larmes, que j’ai évidemment noyées dans beaucoup plus qu’une grosse coupe de vino.

Cela va maintenant faire trois semaines que je tente de m’habituer à ces nouveaux visages et, je dois l’avouer, ils ne sont pas si mal.  En particulier McGilles qui, s’il a décidé de ne plus se faire appeler par son nom digne d’un sandwich quart de livre avec fromage d’un fast-food bien connu, semble être le commentateur le plus pertinent de cette nouvelle cuvée.

Sur ce, je lève mon verre de vino, bois une gorgée, et quitte en scooter retrouver mes grannies garçonnes.

On tue la une !

On tue la une !

Dans les années 90, alors que j’étais un adolescent boutonneux et hautement purulent, une de mes activités favorites consistait à regarder les bulletins de nouvelles de fin de soirée.  Jamais je n’allais dormir sans m’être totalement et parfaitement informé.  Pendant que mes parents écoutaient le Téléjournal de Bernard Derome, j’étais à l’étage regardant le Grand Journal de TQS.

Pourquoi TQS ?  Oui, leur contenu comportait une bonne dose de sensationnalisme pouvant divertir le jeune TDAH que j’étais, mais c’est surtout leur idée de tourner dans un studio « à aire ouverte » qui me charmait.  On sentait la fébrilité des salles de nouvelles, l’urgence, le travail d’équipe…  À un moment, j’ai même pensé devenir lecteur de nouvelles (ou Monsieur Météo, au cas où)…

Cependant, la vérité était ailleurs…  J’étais en amour avec la lectrice de nouvelles Nathalie Roy.  Une jolie dame à la tignasse rousse et n’ayant pas peur de confronter ses invités avec des questions coup de poing !

Oh Nathalie, comme j’aurais aimé avoir un poster de toi à afficher sur le haut de mon lit…  Mais TQS ne faisait pas ce genre de merchandising à l’époque.  Je le sais, je leur avais demandé.

Depuis, Nathalie Roy a quitté le journalisme et elle est maintenant députée de Montarville pour la Coalition Avenir Québec.  Ça, c’est vraiment déprimant.

Malgré tout, je garde toujours une passion pour l’information.  Ces jours-ci, j’adore m’endormir au son de la voix d’Anne-Marie Dussault lors de son 24/60 en reprise nocturne…

J’avais entendu quelques échos favorables concernant la série télé The Newsroom.  La jaquette de DVD et quelques trailers plus tard, je n’étais toujours pas certain de vouloir m’embarquer dans cette histoire de salle de nouvelles…  À ce jour, je n’ai toujours pas digéré la fin abrupte de Paparazzi, série mythique du tandem Larouche/Tremblay, qui s’est terminée en queue de poisson par manque de budget. (Lire : tous les personnages sont morts après avoir contracté l’ebola.)

Finalement, vous devez vous en douter…  J’ai succombé à The Newsroom.  Et j’ai bien fait !

Créé par Aaron Sorkin avec les acteurs Jeff Daniels, Emily Mortimer et Sam Waterston en avant-plan, The Newsroom raconte les coulisses de l’émission « News Night », diffusée sur la chaîne d’information en continu ACN.  Son présentateur vedette Will McAvoy, un homme aussi talentueux que détestable, est en pleine controverse suite à des propos tenus en direct remettant en cause le rêve américain.  Alors que son équipe a déserté, il se voit attribuer une nouvelle productrice exécutive avec qui il a un passé…

De bout en bout, cette série est brillante.  Le premier épisode est un vrai petit chef d’oeuvre à lui seul et expose sans détour ce qu’est le propos fondateur de The Newsroom, sa raison d’être, de même que l’avis non dissimulé d’Aaron Sorkin à travers la voix de son nouveau héros : l’Amérique, c’était mieux avant.  Je résume, bien entendu c’est plus complexe que ça.  Clairement, les médias sont tout particulièrement visés parmi les responsables de ce déclin.

Une sujet qui trouve écho dans nos propres médias…  ICI même.

La bonne-femme.

La bonne-femme.

À force de vous conseiller des séries-à-ne-surtout-pas-rater, j’avais oublié que les conseils des autres pouvaient également être bons à suivre.  Certains me parlaient de The Good Wife depuis des mois.  Sans penser que tout le monde me racontait des âneries, je n’étais pas particulièrement attiré par cette série classieuse, sobre, à l’esthétique de Mad Men mais tournée… en 2009.

Y avait-il des avocats meurtriers ?  Des criminels loups-garous ?  Des policiers « zombés » ?  Non, rien de tout ça.  Mais comme The Good Wife semble remporter chaque année une panoplie de récompenses lors des Emmy Awards, il me fallait comprendre, une bonne fois pour toutes, cette fascination pour la série.

C’est donc la bouche remplie de Tostitos scoops (avec une généreuse portion de salsa fromagée), que j’ai compris.  Et ce, dès le second épisode.

Après treize années passées loin des tribunaux pour élever ses enfants,  Alicia Florrick reprend sa carrière d’avocate en main, tout en faisant face à un scandale sexuel et financier qui touche son mari, un politicien véreux…

The Good Wife a une classe folle, à l’image de ses personnages, tous plus charismatiques et passionnants les uns que les autres.  Bien sûr, la prestation de Julianna Margulies tout en subtilité est à saluer.  Elle habite son rôle à la perfection.  L’évolution d’Alicia Florrick se fait tout en douceur.  Tout à tour mère aimante et dévouée, épouse digne et forte, avocate bienveillante et obstinée, elle est multiple et profondément attachante.

Elle n’est pas la seule femme qui en impose.  Mais celle qui tire sans doute le plus son épingle du jeu, c’est Kalinda !  Elle a des couilles, une bonne grosse paire de couilles, et elle a le goût du mystère, ce qui la rend encore plus fascinante.  Qui est-elle vraiment ?  Nul ne le sait, mais elle est indispensable. Enquêteuse dans le bureau d’avocats, c’est toujours elle, grâce à son flair et ses connexions, qui démêle le vrai du faux.

L’autre femme qui en impose, c’est Diane Lockhart.  L’actrice Christine Baranski a beau ne plus ressembler à grand-chose (d’humain en tous cas), cela ne l’empêche pas de faire passer beaucoup d’émotion à travers les expressions de son visage, en particulier l’espièglerie.  Elle est joueuse.  Et son rire ?  Divin !

Ceci dit, on n’est pas dans Unité 9 et les comédiens masculins offrent également de bonnes performances.

Son mari, son « Mr. Big », ne pouvait qu’être interprété par Chris Noth.  Une évidence.  Quant à Josh Charles, il m’a fait plaisir de le retrouver près de vingt ans après le film Ménage à trois qui a, je vous l’avoue, bien troublé mon adolescence.

The Good Wife réussit quelque chose de rare : allier intrigues bouclées et intrigues feuilletonnantes avec efficacité et subtilité.  Je ne pensais pas devenir à ce point enthousiaste au sujet de la série, mais force est de constater qu’elle est addictive à sa façon et qu’elle a pris une place importante dans mon coeur en l’espace de quelques jours.  Le casting atteint la perfection.

Merci à ceux qui m’ont poussé à jeter un oeil sur la série.

Quatre filles et une robe taille empire.

Quatre filles et une robe taille empire.

Je suis entouré de filles.  Plusieurs gars doivent m’envier.  C’est comme ça.

Mon cercle d’amies est assez large.  Pour le travail, j’aboutie habituellement dans des milieux principalement féminins.  Et j’aime les chanteuses…

Bref, je connais les filles.

Est-ce que je les comprends toujours ?  Non.  Car bien cinglé est celui qui oserait toutes les mettre dans un même panier.  Les filles sont complexes, uniques, et aussi variées que les différentes sortes de poutines disponibles à la Banquise.

Loin de moi l’idée de vous faire un témoignage féministe de type « allons brûler des soutiens-gorges au Square Phillips en chantant du Melissa Etheridge ».  Je veux simplement vous parler de la série télé Girls diffusée sur HBO, que j’ai écoutée en rafale et que j’ai bien aimée.  Seulement, lorsque j’ai osé déclarer à certaines filles que j’avais quelques réserves sur la psychologie des quatre personnages principaux, je me suis faire répondre que je ne pouvais pas comprendre puisque je n’étais qu’un gars.

Girls, c’est l’entrée dans la vie active de quatre jeunes filles d’une vingtaine d’années, de leurs humiliations à leurs rares triomphes.  Hannah, l’éternelle stagiaire, rêve de devenir écrivain.  Marnie, sexy et un peu garce sur les bords, ne manque pas d’ambition.  Jessa, hippie dans l’âme, aimerait gagner sa vie de son art…  La série a été créée, réalisée et produite par Lena Dunham, l’interprète de Hannah.

Les +

Cela faisait très longtemps qu’on attendait une série racontant la vie des jeunes de 20 à 30 ans, coincés entre deux âges, qui ne sont plus vraiment des ados, mais qui auraient aimé le rester un peu plus longtemps tant la « vraie vie » fait peur.  Les études qui ne débouchent sur rien.  Les parents qui pèsent lourd et qui souffrent eux-mêmes de leurs propres névroses.  Les amours qui vont, qui viennent, qui durent, ou pas.  Le sexe, cette chose si simple, si naturelle et pourtant si dure à apprivoiser.  Ces amis sur qui l’on peut compter, mais avec qui il n’est pas toujours aisé de cohabiter.  Et puis tous ces rêves étouffés…

La série est bien écrite, bien réalisée, et les acteurs offrent parfois de bonnes performances.  Et lorsqu’elles ne sont pas surjouées, certaines scènes comiques peuvent nous esclaffer.

Les –

Il est impossible de ne pas comparer Girls à Sex And The City.  Quatre filles habitant la grosse pomme, aimant la mode (des friperies) et rêvant à l’amour (kind of)…  Seulement, les filles de Girls ne sont pas aussi attachantes que la gang de Carrie Bradshaw.  Même qu’à certains moments, elles exaspèrent.

Détachées de presque tout, sauf de l’inatteignable, elles semblent être d’éternelles insatisfaites que rien ni personne ne pourra sauver de leur chaos imminent.

La volonté de centrer l’histoire autour de personnages exclusivement féminins n’aide en rien la balance des points de vue.  Bien sûr, nous avons parfois droit à l’opinion des gars, mais elle reste la plupart du temps anecdotique, superficielle et insignifiante.

Bref, je suis bien heureux de ne pas avoir des « girls » dans mon cercle d’amies.

Mais je ne suis qu’un gars.