Diverti sur une balloune.

Diverti sur une balloune.

J’ai constamment le besoin élevé d’être diverti.  Là, maintenant, tout de suite.  Insatiable, je suis à l’affût de tout ce qui pourrait me faire sécréter une once de dopamine.  …  Et ce, tout en restant dans le confort de mon appart, bien vautré sur mon canapé beige, parce que bon…  Sortir à l’extérieur, le froid, tout ça…  J’en ai soupé.

– Dommage, je t’aurais proposé d’aller glisser sur le Mont-Royal, enroulé dans des sacs de poubelles.
– Projet emballant au possible, mais ça ne fitte pas avec le début de mon texte.  Donc non, je passe.

La proactivité, ça me connaît par moment.  J’ai donc décidé de demander à quelqu’un d’autre de faire une recherche à ma place.  Siri.

– Allô Siri.  Quelle activité excitante je peux faire chez moi ?
– Je vous reçois 5 sur 5.
– Et puis ?
– Voici le résultat de ma recherche sur le Web.

Un lien vers la définition du mot « puis » dans le wiktionnaire…  On est loin du système intelligent de Her

Qu’importe.  Ma ténacité légendaire a octroyé une deuxième chance à l’informatique.  J’ai googlé « activités excitantes ».

La découverte du site www.evjf.org m’a bien diverti.  J’en étais à planifier une sortie dans un parc aquatique quand…

– Ding !

Avec l’aide d’un son désagréable au possible, Facebook m’a rappelé que j’étais « attending » à la grande fête des Webséries aux Rendez-vous du cinéma québécois.

Ben coudon, j’aurai pas le choix de sortir dehors.  Tant qu’à y être, j’ai mis quelques sacs de poubelles dans mes poches de manteau…  On n’est jamais trop prévoyant !

La salle de projection était ridiculement bondée.  Il faisait chaud et on ne voyait pas très bien l’écran.  Malgré tout, et avec ces conditions très peu gagnantes, trois Webséries ont attiré mon attention.  Sources de divertissement intérieur sur canapé beige possible.

Amour amour

Avec un titre rappelant certains bands de musique québécois indies tels de Radio Radio ou Orange Orange, la Websérie Amour amour n’est pas loin de sa cible.  C’est en fait une tragi-comédie s’intéressant à un groupe musical émergeant dont les deux leaders viennent de mettre fin à leur relation amoureuse de plus de dix ans.

Un peu montréalocentriste et hermétique, mais les mélomanes devraient y trouver leur compte.

J’aime pas

Facebook n’a pas encore intégré le bouton « J’aime pas » sur sa plateforme sociale.  Portant, y’a un paquet de choses qui mériteraient que l’on coche le petit pouce vers le bas.  Ces choses, on les retrouve pour la plupart illustrées dans J’aime pas.

Un couple, dont l’âge n’est pas vraiment situé, est constamment confronté à des situations déplaisantes du quotidien.  Malaises, réalités, absurdités…  Le quotidien est mis sous une loupe et nous propose des sketchs courts et punchés.

Projet M

Même si la salle bondée des RVCQ n’aidait en rien la concentration que requiert le visionnement de Projet M, l’extrait présenté a quand même piqué ma curiosité.

Des Terriens vont tester la faisabilité d’un long voyage dans l’espace lorsque, en cours de route, une catastrophe arrive sur leur Terre mère.  Bonjour l’angoisse.

Direction photo incroyable, apparence de gros budgets…

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Redécore ta vie.

Redécore ta vie.

Je ne crois pas être cheap.  Mais qu’est-ce que j’en sais ?  Ça serait plus à mes amis de le dire.

Je ne suis pas économe.  Ça, je peux le confirmer par moi-même à la lecture de mon dernier relevé bancaire.

Je ne suis pas dépensier non plus.  Je vais rarement dans des magasins, je voyage peu et j’affectionne particulièrement les « apportez votre pain » lorsque vient le temps de me faire voir en société.

Je n’ai pas de parts dans Facebook.

Je ne suis pas membre d’un club privé.

Je ne connais pas de joueur de hockey.

– Finalement, t’es un gars crissement plate !
– Je sais pas…  Ça serait plus à mes amis de le dire.  …  D’ailleurs, vous êtes qui vous ?
– Ta psy.
– Vous êtes pas mal bête pour une psy.
– J’ai été radiée.

Quelle est la raison de tous ces questionnements monétaires ?  Pourquoi ai-je besoin d’évaluer ma richesse sur une échelle d’évaluation de standing ?  Est-ce l’automne qui semble vouloir m’affecter ?  Le soleil qui se couche avant 30 vies, la température extérieure qui requiert beaucoup plus qu’un coton ouaté champêtre, ma grippe musculaire qui ne semble pas vouloir me quitter pour des jours meilleurs ?

I DON’T KNOW.  Mais chose certaine, mes blues passent pus dans mon salon double.

La lumière au bout du tunnel m’est toutefois apparue en plein cours de step, entre deux « talons aux fesses voyage Monroe » : je veux déménager !

Habituellement, l’appel d’un nouveau logis survient à des moments bien précis de l’année.

  • Au mois de mars, lorsqu’il est temps de renouveler ou non son bail devant l’augmentation abusive du loyer par son propriétaire carriériste.
  • À la réception du nouveau catalogue IKEA.  Parce que bon…  On s’entend que feuilleter ça, c’est quand même le méga pied !
  • À la découverte de colocataire indésirable de type « Mickey Mouse », mais sans le costume de mage, le chapeau pointu, ni la faculté de sourire tout en ayant une conversation agréable dépourvue de connotation sexuelle.

Ceci dit, j’ai le goût de déménager.  Même si le timing est exécrable, que mon porte-feuille hurle « WTF » et que je vais probablement me retrouver dans un bled perdu de Rivière-des-Prairies, j’ai des envies de grandeur, de luxe, de Airoldi !  (Le divorce en moins…)

À défaut d’avoir un nouveau condo à décorer avec des meubles achetés (ou volés) chez Mariette Clermont (lol), je pourrai désormais me plaire et me complaire dans la richesse et le bon goût en écrivant bimensuellement sur le tout nouveau site Web Flambant Luxe, une plate-forme indépendante qui jette un regard féminin et inédit sur la société québécoise.  On y trouve des textes sur la mode accessible, des astuces beauté, des trucs cuisine, des idées déco, des capsules vidéo originales, le tout sous une esthétique artistique féminine et naturelle.

– OK…  Mais c’est quoi ton rapport là-dedans ?  T’es pas une femme ?

Ouin, ben c’est ça.  Le site est tellement ouvert d’esprit que les filles peuvent même y lire des opinions de gars.  C’est fair.

Désormais, le soleil ne se couche jamais sur l’empire de Merci pour cette émotion.

That’s it, that’s all.

That’s it, that’s all.

C’est l’été, il fait chaud, sortez vos maillots !

Une ado sur ma rue criait sans cesse cette phrase en fin de semaine.  J’ai toujours pensé qu’elle avait un grain au cerveau.

Oui, c’est l’été, il fait chaud (kind of…), mais il pleut tellement que ma tête est dorénavant constituée de bouclettes bien TIGHTS.  Et quand il pleut, je vais sur le Web.

Le Web.  Ouf.

Une micro-société où nous sommes confrontés à lire des opinions.  Les tiens, ceux de te mère, celui de l’éditorialiste de La Presse, de l’ado blogueuse qui passe son été en maillot, et de la pute de quartier qui vient tout juste de se faire offrir un téléphone intelligent par son client régulier, la tête dirigeante d’une compagnie de construction qui n’a malheureusement plus le droit de soumissionner sur un contrat public jusqu’en 2018.

Je peux également relire mes propres opinions…  Mais ça craint tout autant.

En gros, le Web est le nouveau Far West.  Tous s’exposent publiquement avec la forte conviction que leurs commentaires méritent d’être lus, qu’ils détiennent la vérité sur un sujet funky/complexe et que leur vie quotidienne peut avoir un semblant d’intérêt pour le commun des Internautes.  Ainsi, j’ai découvert Guylaine Gagnon.

Guylaine Gagnon.  Ouf.

Sans farce, j’ai eu un gros coup de coeur pour Guylaine Gagnon la première fois que j’ai visionné un de ses bijoux de vidéos.  Le topo était simple : une visite guidée dans un Jean Coutu.  Avec un cadrage chancelant et un vocabulaire dénudé d’adjectif qualificatif inutile, elle nous présentait des faits avec un sérieux totalement déconcertant.

Chez Jean Coutu, ils étalent toujours leurs produits parfaitement.  C’est une victoire !

Y’a du chocolat pour vous, mesdames.  À Noël, je m’en achète pis c’est des Pot Of Gold.

C’est l’été, il fait chaud, sortez vos maillots !

Le niveau est le même qu’un topo culturel du TVA Nouvelles, mais cette fois, on nous parle d’un sujet intéressant.

Si Guylaine Gagnon était un personnage comique, j’aurais rêvé de l’inventer.  Un humour cru, weird, franchement déplacé et interprété avec un sérieux déstabilisant.  Le 60 minutes avec Guylaine Gagnon, voilà un des seuls spectacles auquel j’aurais assisté au Zoofest avec grand plaisir.

Les semaines ont passé et j’ai, je l’avoue (et fort heureusement) perdu beaucoup d’intérêt pour le personnage.

Oui, elle est toujours active, elle fait toujours autant de vidéos, mais ses propos sont désormais extrêmement vulgaires, mal dosés, et surtout inintéressants.

– À quoi tu t’attendais, Antoine ?
– À rire…
– Mais ce n’est PAS une humoriste !
– C’est elle qui méritait de gagner le concours En route vers mon premier Gala Juste pour Rire

Je l’aurais bien vue dans celui animé par Éric Salvail sous le thème de la technologie et de la télévision.  (Quel thème louche…)

Je sais, Guylaine Gagnon n’est pas un personnage.  Elle est tout ce qui se fait de plus vrai en bordure du boulevard Taschereau.  Mais cette réalité est aujourd’hui extrêmement triste à voir.

Ceci dit, je vous laisse avec, selon mon avis, un de ses greatests hits : la visite chez Winners.

C’est juste de la Web TV.

C’est juste de la Web TV.

Souris en or

Un jour, j’ai constaté que je payais pas mal cher pour avoir la télévision.  Le lendemain, j’ai réalisé un autre truc : je ne la regardais même pas.  Deux options s’offraient donc à moi : continuer de pitcher mon argent par les fenêtres, mais une cenne noire à la fois et de préférence, en essayant de frapper les passants sur le trottoir qui méritent visiblement une aide financière supplémentaire.  Ou : prendre une journée de congé pour appeler ma compagnie de télé-câblo-distribution.

– Bonjour, j’aimerais me désabonner de la télé.
– Vous n’y pensez pas sérieusement ?
– Je n’ai jamais été aussi sérieux de toute ma vie.  Je me fais même peur !
– Non, non, vous ne pouvez pas vous désabonner…  Et si on vous la donnait pour 5$ ?
– Hummm.  Si je peux me permettre un café chaque jour, je peux me permettre la télé.

Même à un prix dérisoire, je n’écoute plus la télé, sinon en sourdine, ou comme bruit de fond pendant que je m’affaire à cuisiner une recette de poulet tandoori.  Pourtant, je crois n’avoir jamais autant écouté d’émissions.

Maintenant, c’est sur le Web que je me divertis.  Et attention, je ne parle pas ici d’émissions POUR ADULTES !!  (Quoique je ne dirais pas non à une version 2013 de Sur l’oreiller avec la mythique France Castel.)

Que ce soit sur les portails tou.tv, illicowb.tv, kebweb.tv ou directement sur des sites Web, je consomme… abondamment !!  Et même si certaines émissions ne sont que des reprises de ce qui est présenté sur les réseaux de télé habituels, il y a quelques productions exclusives pour le Web qui valent le détour.  (Lire : rien de mieux à écouter sur vos heures de job, entre deux visites sur Facebook.)

Pour souligner le tout, j’ai décidé de m’inspirer de l’émission C’est juste de la TV et d’organiser le Gala des Cliquettes d’Or, une cérémonie glamour récompensant le meilleur de la Web TV d’ici.

Émission la plus utile de l’année

FistonFiston

En gros, un père livre un testament vidéo à son jeune fils.

C’est drôle, mais surtout utile.  L’humoriste Jonathan Roberge nous trace le droit chemin à prendre avec des exemples pratiques et quelques illustrations de bon goût.  Une co-animation avec Marie-Josée Taillefer serait également une bonne idée pour la prochaine saison.

Éclat de rire mémorable de l’année

Nectar Denis

Nectar Denis

Je suis un fan fini des Denis Drolet.  Sur scène, ils sont les seuls à me provoquer des éclats de rire sonore.  Grâce à leur émission Nectar Denis (♥), je peux enfin être pris de violents spasmes au diaphragme dans le confort de ma chaise de bureau.

Au menu : un nectar de type « smoothie » avec personnages, imitations, et beaucoup de tendresse.

Prix spécial du réparateur

Coming Out

Coming Out

Cette websérie nous invite à faire une incursion dans le milieu homosexuel québécois.  Le comédien à la barre de ce projet, d’une réalisation impeccable, voulait présenter une réalité qui le rejoint davantage que l’univers gai habituellement démontré à la télévision.

Ces stéréotypes ne me touchent pas.  Je dois vivre dans un ghetto…

Enfin, bref.

Enfin, bref.

MAIS J’AI DONT BIEN MAL À LA TÊTE !!!

Et comble de malheur, je n’ai plus de Tylenol gelcaps extra-fort à action rapide.  Du coup, j’endure.

J’ai probablement dû attraper quelque chose lors de ma dernière virée dans une taverne louche de l’upper plateau.  Est-ce viral ?  Probablement.  Et ça m’est tombé dessus sans crier gare, autant que le succès inattendu de la tournée des bars de Daddy’s Boy aka Mon Père Est Riche en TABARNAK.

*ouch, ma tête…*

Non mais sérieusement, qui s’excite le bout des mamelons à l’idée de rencontrer ce type-là dans une disco mobile de la rive sud ?

Ça y est, je sens poindre le Caporal Mépris à l’horizon de mon âme.  Et comme je n’ai pas le goût de me laisser envahir par l’amertume, autant vivre dans le déni et changer carrément de sujet de conversation.

Qu’y a-t-il de drôle à la télévision ces temps-ci ?

Euh.  RIEN !

*ouch.*

Sincèrement, c’est pas la joie dans nos écrans cathodiques.  Ça manque cruellement de Mahée Paiement !

Sur le Web, c’est moins pire.  Mahée n’est toujours pas aussi présente qu’elle le devrait, mais le choix des émissions humoristiques est exponentiel.  Et malgré l’abondance, je retourne toujours vers les mêmes favoris.

Mon gros coup de coeur de l’automne dernier est allé à la Webtélé française Bref.  Diffusée en ligne sur le site de la chaîne Canal+, chaque épisode dure 1 minute 40 secondes et raconte la vie d’un gars de base, comme vous et moi, qui doit chercher du boulot, qui a un rendez-vous amoureux, qui aime procrastiner, qui drague…  Enfin qui essaie.

Si vous avez entre 15 et 35 ans, que vous êtes urbains et que vous passez facilement plus d’une heure par jour sur Facebook, vous connaissez assurément la série au point même d’avoir commencé à utiliser le « bref » comme un signe de ponctuation.

J’étais sur YouTube et je cherchais des vidéos de Mahée Paiement sans succès *bref* ma vie est à chier.

Bref., c’est le carton surprise de la saison dernière.  Un carton devenu culte au point où il a déjà eu droit à son propre décryptage, sous la forme d’un documentaire assez bien foutu, avouons-le.  Le tout débute lorsque Bref. en est à ses premiers jours de tournage et qu’il n’a pas encore trouvé de diffuseur.  Les personnages principaux de la série y livrent un regard pertinent sur eux-mêmes, sur la capsule qui les a mis en lumière, sur la suite inespérée des choses…  Mais aussi, et surtout, des témoignages intéressants et variés de fans du monde entier.  Car si cette série est française et diffusée en Europe, son rayonnement est planétaire grâce, notamment, à sa page Facebook qui compte l’intégrale des vidéos et près de 1 730 000 fans.

Accro à la série ou pauvre taré ne sachant pas du tout de quoi je parle, allez tous visionner Le documentaire sur le site Web de Canal+.  L’occasion de jauger de ce phénomène ultra générationnel.

Dans quelques années, quand on voudra savoir comment étaient les gens dans les années 2010, on prendra assurément Bref. comme exemple.

Je dois trouver la cuillère parfaite.

Je dois trouver la cuillère parfaite.

* Ce moment de nostalgie vous est présenté par le gruau Quaker dans une barre. *

2005, époque révolue.  Qu’est-ce que j’y faisais ?  Peu de souvenirs me sont restés de cette période trouble, sinon que je me prenais pour un dandy en écoutant Gwen Stefani.

2005, c’est l’époque pré-YouTube, pré-Facebook, pré-Merci pour cette émotion…  Les principales façons de communiquer étaient encore le bon vieux téléphone maison (sans fil), les courriels (sur Hotmail) et MSN (avec émoticônes DE BASE).  Bref, c’était carrément une autre époque.  C’était DANS MON TEMPS !!!

Je ne me rappelle plus à quel moment exact, comment, ni même grâce à qui je suis tombé là-dessus, mais je me souviens très bien l’effet, le choc que cette découverte m’a provoqué.

J’ai fait la rencontre de Salad Fingers.

Hello

Un mot et j’étais déjà grave sous le charme, le coeur légèrement amoureux.

Salad Fingers est une série de films d’animation en flash, créée par David Firth et que l’on peut regarder sur son site Web Fat-Pie.com.  Véritable ovni du web, elle met en scène le personnage du même nom qui, malgré son apparence disgracieuse, apparaît comme un être profondément sensible et gentil, avec néanmoins certains travers atypiques.

Salad Fingers vit seul, reclus et est à la recherche de plaisirs de la vie un peu déviants comme gratter des objets rouillés avec ses doigts de salade ou se frotter les mamelons avec des orties.  Parfois, sa personnalité se dédouble, il délire complètement et ne saisit plus la différence entre le réel et l’imaginaire.  L’histoire bâtie au fil des épisodes, tout aussi étrange que son personnage principal, se caractérise par un ton lugubre teinté d’humour noir.

De plus, la musique plutôt flippante ou à mi-chemin entre le relaxant et le sombre instaure une ambiance déjantée et délicieusement malsaine.  Cette trame sonore est signée Broads Of Canada.

Je suis immédiatement tombé amoureux de cet être vert aux yeux globuleux qui se passionne pour les romans-fleuves de la Première Guerre mondiale et les pique-nique champêtres avec des amis en marionnettes.  Le huitième épisode est paru en 2007 et la fin semblait annoncer la mort de l’homme aux doigts de salade.

En mai dernier, après trois ans d’attentes, un neuvième épisode a fait son apparition sur Fat-Pie.com.  Même si l’animation graphique de la série a un peu évolué, il est bon de retrouver le psychopathe vert qui ne semble pas s’être assagit, loin de là.  Ce neuvième épisode est probablement le plus terrifiant et malaisant de tous.

Je me suis récemment claqué tous les épisodes en rafale et j’en suis ressorti comme jadis, avec ce même sentiment difficile à décrire et qui oscille entre la terreur et le mal à l’âme.

La série est disponible sur le Web depuis 2004 et je m’étonne toujours de découvrir que certaines personnes de mon entourage n’ont jamais entendu parlé, ni même regardé un seul épisode de ce phénomène.  Si c’est votre cas, que vous êtes réellement vierge de Salad Fingers, préparez-vous à découvrir un univers et une ambiance assez unique.

Le conte de la forêt verte.

Le conte de la forêt verte.

Il était une fois un petit garçon de Rawdon, le plus weird qu’on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore.  Cette bonne femme lui fit faire un chandail col bateau, qui lui seyait si bien, que partout on l’appelait le wannabe Jean-Paul Gautier.

Un jour sa mère ayant cuit et fait un spaghetti au fromage gratiné, lui dit :

– Va voir comme se porte ta mère-grand, car on m’a dit qu’elle était malade.
– Malade ?  Oh my God !
– Porte-lui une motte de spagat’ et ce petit pot de cornichons marinés.

Le wannabe Jean-Paul Gautier partit aussitôt pour aller chez sa mère-grand, qui demeurait à Saint-Donat.

En passant par la route 125 il rencontra compère le Loup, qui eut bien envie de le manger ; mais il n’osa, à cause de quelques travailleurs routiers qui étaient à paver le chemin.

Il lui demanda où il allait.  Le pauvre garçon, qui ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un Loup, lui dit :

– Je vais voir ma mère-grand, et lui porter une motte de spagat’ au fromage.
– C’est tout ?
– … Avec un petit pot de cornichons que ma mère lui envoie.
– Demeure-t-elle bien loin ?
– Oh oui ! C’est par-delà l’éclaircie, à la première maison de Saint-Donat.
– Eh bien, je veux l’aller voir aussi.
– So Sweet !
– J’y vais par ce chemin ici, et toi par là, et nous verrons qui plus tôt y sera.

Le Loup se mit à courir de toute sa force par le chemin qui était le plus court, et le wannabe Jean-Paul Gautier s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à courir après des papillons, à faire des bouquets des petites fleurs qu’il rencontrait, et à manger des champignons magiques.

Ce week-end, j’ai fait du camping.  Était-ce dû au souper champêtre et aux nombreuses crudités consommées avec abondamment de dip ?  Toujours est-il que je suis tombé dans un état second, complètement stone, à halluciner des histoires folles alors que je fixais stoïquement un immense feu de camp.

Incapable de prononcer un mot, j’écoutais les conversations avoisinantes.  L’une d’elles m’intéressait particulièrement.  Le sujet ?  Quel artiste musical majeur a marqué de son art la dernière décennie.

Hésitant entre m’évanouir ou me faire vomir dans la toilette chimique située à proximité, j’essayais de trouver mon artiste chouchou ayant laissé sa trace (va-vite) dans la mémoire collective.

Madonna ou Arcade Fire ?
Lady Gaga ou Radiohead ?

Les seuls noms qui me veinaient à l’esprit étaient ceux de chanteuses pop.  Était-ce dû à ma récente découverte vidéo sur YouTube ?

Madonna’s Gaga Nightmare est une série humoristique exposant le cauchemar de Madonna s’étant vu tous ses fans se rallier dans les dernières années à la démoniaque Lady Gaga.  C’est rempli d’humour, très bien réalisé et, ma foi, assez près de l’actualité de ces dames.

Charlie Hides joue tous les personnages, en plus de réaliser lui-même ses capsules.  Il a ouvert sa chaîne YouTube depuis quelques mois et, ma foi, les fans affluent.  Ça vaut le détour !

Cher est tordante.