Des niouzes en C-riz.

Des niouzes en C-riz.

Je me croyais doué avec les technologies électroniques.  Erreur.  Je suis un cancre.  Bon, je connais les boutons play, stop et fast forward de mon système de son, mais je n’aurais jamais dû me risquer à ouvrir la boîte de l’appareil avec l’aide d’un tournevis en étoile.  Pour une raison obscure et inexpliquée, plus aucun son ne sort des enceintes.  400$ jetés aux poubelles.

Crap.

La manette de mon lecteur DVD est morte.  Ses deux batteries AA ont explosé, laissant une mousse verte légèrement creamy dans leur habitacle.  On m’a alors parlé des manettes multifonctions pouvant être programmées pour différents appareils électroniques…  Ben laissez faire, ça marche pas pantoute.

Mais c’est lorsque je me suis, contre toute attente, emparé à nouveau du tournevis en étoile et que j’ai ouvert, comme possédé par un saltimbanque MEAN, le fameux lecteur DVD de marque japonaise que j’ai véritablement signé son arrêt de mort.

– Oh my god, he’s coding…
– Time of death : eleven thirty two.

Savoir laisser aller…

Et oui, c’est officiel, je n’ai plus de lecteur DVD.  Le jour même où je me suis procuré la dernière saison de True Blood !

C’est ben simple, j’ai eu une émotion…  TRISSE.

N’ayant pas le temps de courir les magasins, j’ai décidé d’acheter un lecteur DVD en ligne.  C’est rendu quoi, 20$ gros max ?  Je vais donc sur futureshop.ca et je trouve ce que je cherche; le meilleur service-clientèle n’impliquant aucun humain EVER.  On devait me livrer le précieux lundi prochain, mais BANG : la grève des postes.

Je vois comme un petit message ici…

Va au soleil, fais-toi un teint de pêche et oublie ces séries responsables de ta carence en vitamine D.

Bref, pendant que je ne peux plus écouter aucune série, l’occasion est trop belle pour me tourner moi-même le fer dans la plaie et discuter avec vous des dernières nouvelles niveau séries américaines.

Voici donc la toute nouvelle chronique intitulée :

Des niouzes en C-riz.

Attention, peut contenir des spoilers !

True Blood

Si la saison 3 a allègrement tourné autour des loups-garous, le quatrième volet de la série explorera sans retenue le monde des sorcières.  Sookie risque donc de se retrouver au bûcher, mais elle s’en sortira probablement grâce à l’intelligence qu’on lui connait.

Grey’s Anatomy

La septième saison n’est pas encore en DVD qu’on parle déjà de la huitième, en mal !  Et oui, la plupart des comédiens incarnant les médecins de Seattle Grace songeraient à quitter la série qui, selon eux, a fait son temps.  Un Grey’s Anatomy sans Mc Dreamy, the « Nazi » ou même les twisted sisters with issues aurait-il raison d’être ?

Mad Men

Just too bad, il n’y aura pas de saison 5 cet été.  À cause d’un conflit budgétaire, la prochaine diffusion n’aura lieu qu’en mars 2012.  Un drame assez important pour nous donner le goût de prendre un double scotch dès 9 heure le matin.

Ceci écrit, je pars à la rencontre du soleil.  J’ai bien l’intention de recevoir mon nouveau lecteur DVD avec une belle peau orange sanguine.

1960, I am so over you.

J’arrive dans la tour abritant mon bureau.  Il est 9 h 35 et je suis en retard.

Ma secrétaire m’attend, l’air inquiète et instable.  Par deux fois des clients ont tenté de me rejoindre en vue du pitch publicitaire que je dois leur offrir en milieu de semaine : une campagne sur les bienfaits des nouvelles cigarettes Du Maurier light.

Je ne suis pas prêt, j’ai besoin d’un scotch, je regarde le cul de ma secrétaire et je m’enferme dans mon bureau.

Je pense à ma femme.  Je pense à mes enfants.  Je pense à ma maîtresse.  Je n’ai pas la tête à travailler.  Je quitte le bureau, il est 9 h 53.  Je m’en vais boire un troisième scotch au pub du coin.

Je suis un homme, je suis blanc, je parle au « je » et j’habite New York.  Le monde est à moi.

On me parlait depuis longtemps de cette série américaine se déroulant dans le monde de la publicité des années 60.  Il m’aura toutefois fallu quelques épisodes avant de vraiment embarquer dans ces histoires nébuleuses au rythme très lent, où les cigarettes et les mensonges sont omniprésents.  Mais une fois accroché à Mad Men, impossible pour moi de m’arrêter.  Tel un beatnik en furie, il ne m’aura suffi que d’un mois pour passer au travers des trois premières saisons.  …  Et à me développer un problème d’alcool sévère !

Mad Men dépeint avec justesse et minutie la société et la culture américaine des années 60 : le tabagisme, l’alcool, le sexisme, l’adultère, l’homophobie, le racisme…  Les personnages, les intrigues évoluent et nous avons peine à croire qu’il était courant de vivre ainsi il y a une cinquantaine d’année, à l’époque de nos parents.  Tout a bien changé, ou presque.  L’absence totale de préoccupations envers l’environnement fait parfois grincer des dents,  une certaine scène de pique-nique étant relativement choquante.  J’étais à une cigarette près de m’enrôler comme bénévole chez Greenpeace.  BP, watch-moi ben aller !

La série dépeint aussi une sous-culture où les hommes mariés s’engagent fréquemment dans des relations extra-conjugales.  Pas que je me leurre à croire qu’il en est différent aujourd’hui, mais le tabou, les non-dits omniprésents dans les moeurs de l’époque, encore fortement contrôlés par l’église catholique, apportent une sévérité au sujet.

À l’horizon semblent pourtant pointer des indices sur les changements radicaux sociaux en devenir : les remarques sur l’éventuelle dangerosité du tabac sur la santé, l’émancipation du peuple noir américain, les divorces, l’égalité des sexes, la dépression, la Beat Generation

Au Québec, la première saison est diffusée sur les ondes de Télé-Québec depuis cet été.  Je n’ai aucune idée du niveau de qualité de la traduction offerte.  Mais si vous êtes comme moi, un cinglé de première du genre à dévorer une série télé à un rythme marathon, enfermé à double tour dans un appartement ayant pour seule nourriture des baby carottes accompagnées d’un délicieux dip à saveur ranch, courrez acheter les coffrets ou demandez à un ami de vous les prêter.  Car attendre à chaque semaine pour connaître la suite d’une émission de télévision, c’est tellement 1960 !