Printemps américain.

Ce printemps, le Québec a vu sa saison des sucres se terminer abruptement.  Le redoux du mois de mars a complètement mis K.O. les érables, causant d’énormes pertes pour tous les propriétaires d’érablières.

Le « printemps érable », lui, semble vouloir s’éterniser.  Les étudiants en sont à leur quatorzième semaine de grève et le gouvernement ne veut toujours pas plier sur sa décision de hausser les frais de scolarité universitaires.

Les mayas nous annonçaient la fin du monde pour 2012.  On n’y est pas tout à fait, mais ça ne va pas bien quand même.

Mais il n’y a pas qu’ici où la société semble vouloir imploser.  La révolte syrienne contre le régime de Bachar Al-Assad entre dans son 15e mois et les combats entre forces régulières et déserteurs se multiplient.  Un attentat à la bombe a fait au moins cinq morts à Bogota, ravivant le cauchemar du terrorisme dans ce pays en proie à un conflit armé depuis un demi-siècle.  La Grèce semble s’embourber dans un immense merdier économique, pense à quitter la zone euro et n’arrive toujours pas à se former un gouvernement.

Acropolis Adieu !!!

Si le Québec peut compter sur la chanteuse Marjo pour dénoncer les injustices sociales (sic), la Grèce possède elle aussi son propre bijou : Marina And The Diamonds.  Cependant, ce n’est pas les problèmes économiques de son pays natal qui l’ont inspiré pour la confection de son deuxième album, mais bien les travers de la société de consommation américaine.

En 2010, elle m’avait surpris, et même séduit avec ses « bijoux de famille ».  The Family Jewels avait fait tourner la tête de tous les amoureux de bonne pop avec une pléiade de mélodies décalées, appuyées par la voix fantasmagorique de Marina.

Marina And The Diamonds est aujourd’hui de retour avec Electra Heart.  Pour ce projet, l’artiste s’est confectionné un personnage de pin-up hollywoodienne afin d’évoquer le rêve américain dans toute sa splendeur, mais surtout dans ses aspects les plus malfaisants.

L’album-concept Electra Heart est divisé en quatre parties : Su-Barbie-A, Teen Idles, Le Destructeur et Stars & Queens.  Chacun de ces segments raconte la traversée d’Electra Heart au travers du mensonge, des illusions et de la mort de son rêve américain.

Très électronique, et de surcroit très produit, ce disque varie entre des morceaux au tempo plus soutenus, sans non plus être uniquement calibrés pour les dancefloors, et des ballades assez aériennes.  L’album est bon, très bon.  Si on retrouve parfois un soupçon des ambiances dark de son premier essai, généralement Electra Heart en est loin.  Cependant, la voix hors norme et la plume de Marina font que toutes les pistes ont ce quelque chose qui nous emporte.

Sans conteste, Electra Heart est un album pop comme on aimerait en entendre plus souvent : une production soignée, un fil conducteur cohérent enrobé d’une prise de risque assumée de bout en bout.  Et ça paye !  Electra Heart s’est classé en première position des ventes d’albums en Grande Bretagne.

Music is Great.

Thank God It’s Katy (T.G.I.K.)

J’aurais tué pour pouvoir approcher la nouvelle princesse.  La photographier, lui parler, la toucher…  Elle était à Montréal ce week-end et j’étais certain qu’en allant flâner dans mon quartier préféré, Griffintown, j’aurais la chance de l’apercevoir.

Samedi, 18h.  Une série de voitures de police faisaient le pied de grue, garées en plein centre de stationnement de l’École de Technologie Supérieure.  Les alentours du Centre Bell bourdonnaient d’effervescence et d’ambulances (évanouissements suite à un échange de regard avec la princesse ?)…

– Oui, mais as-tu finalement vu Kate Middleton ?
– Kate Middlewhat ?
– Kate Middleton, l’épouse du Prince William pardi !
– C’est Katy Perry que j’allais voir.  Pis je l’ai vu pas à peu près !!

Katy Perry m’a donné tout un rush de sucre samedi soir, alors qu’une forte odeur de barbe à papa régnait au Centre Bell.  De passage à Montréal dans le cadre de son California Dream Tour, l’américaine de 26 ans a offert une performance sucrée à tous points de vue.  Des décors à la musique, en passant par les chorégraphies et les costumes, le spectacle de la jolie brunette affichait un taux élevé de glucose, à l’image de son dernier album Teenage Dream. Diabétiques s’abstenir.

Katy Perry est apparue sur scène entre deux bouquets de sucettes géantes, quelques secondes après avoir tenu la vedette d’un mini film inspiré à la fois d’Alice au pays des merveilles, du Magicien d’Oz et de Charlie et la chocolaterie.  Vêtue d’une robe ornée de virevents, la chanteuse a emprunté des escaliers faits en cannes de bonbon pour aller rejoindre musiciens et danseurs.

Heureusement pour les adultes présents dans la salle, la jeune femme a fini par exposer sa vraie nature.  Mouvements de micro suggestifs pendant la peu subtile Peacock, petite conversation coquine avec sa meilleure amie « Slot », une danseuse déguisée en machine à sous pour Waking Up In Vegas, dégustation d’un « brownie magique » avant Ur So Gay

To find love that is true, you must wear the wig that is blue…

Car même si Katy Perry a beau cultiver un goût prononcé pour le monde gentillet et magique de l’enfance, elle exploite le thème avec de nombreux doubles sens uniquement perçus par son public adulte.  Cette fille de pasteur ne se prend pas la tête et se contente de divertir avec un sens aigu de l’autodérision, brassière en forme de chocolats Hershey incluse.  Jusqu’au deuxième balcon, ses fans avaient les mains dans les airs.

Katy Perry, chanteuse pop de l’année ?  Affirmation très possible !

Pour ceux qui ne seraient pas très familiers avec l’univers de Katy Perry (Hello !?!), voici son dernier clip pour sa chanson Last Friday Night (T.G.I.F.).  Un concentré d’humour, de fun et de références aux années 80.

En première partie, le bijou grec Marina & The Diamonds a tenté de se faire connaître du public montréalais.  Une bonne performance malgré une foule distraite et peu réceptive à ses textes dépressifs.  Elle a offert deux nouvelles chansons, Jealousy et Living Dead, franchement excellentes !

Retour sur le passé.

Retour sur le passé.

Avez-vous bien défoncé l’année 2011 ?

De mon côté, j’ai encore quelques difficultés à vivre, rendant ma concentration totalement utopique.

Ce matin, j’ai envie de faire un Claude Dubois de moi-même et de recycler mes vieilles affaires en vous offrant le Top 10 de mes billets les plus lus.  Vous pourrez ainsi faire du rattrapage pendant que moi, je soigne mon mal de tête.

1.  100% douchebag.

Mais qu’est-ce qu’un douchebag ?  En gros, c’est une insulte anglo-saxonne qui peut se traduire par idiot.

En gros, parfum Ferrari, bronzage orange et gaminets Ed Hardy sont à l’honneur sur ces hommes over proportionnés des biceps.

2.  Solidement insurgé.

Avec Wagner, on est à mille lieux de l’humour type Grandes Gueules, heureusement.

Sous son allure de badass soft se cache un gars qui ne mâche pas ses mots.

3.  Fier comme un paon…

Le défilé de la fierté gaie de Montréal existe depuis 1979.

Bien que le contexte social ait changé, l’objectif de cette manifestation citoyenne aurait dû rester la même : contrer les préjugés entourant l’homosexualité.

4.  Freakin’ Diva, live !

Un nouveau phénomène YouTube qui deviendra probablement célèbre grâce à son interprétation très personnelle du cultissime I Will Always Love You.

Même si elle n’a pas réussi à atteindre la fameuse high note, elle possède toutefois l’attitude de la diva déchue.

5.  Théorie du complot…

Les Illuminati ne sont pas qu’un simple club privé où les membres doivent porter des soutanes en velours de couleurs flamboyantes.

Il s’agit d’un organisme dont la véritable nature est occulte et rares seraient les artistes échappant à leur contrôle.

6.  Le coeur ne ment pas.

Le son a changé.  Le folk-bluesy a fait place au disco-électro-pop vintage assumé.

Se réinventer après un album, c’est peut-être un peu tôt, mais qu’importe.  Après le choc, la découverte.  Ten est un album dangereusement festif.

7.  Plagiat en la demeure ?

Scandale dans le monde de la pochette de disque cette semaine.  Partout sur la planète, on encense la galette et son design « organique ».  Au Québec, on sourcille…

Dans le genre pareil, on peut pas faire mieux !

8.  Merci pour ce palmarès.

Cette année, on a vu surgir de nouveaux visages très prometteurs et qui ont aidé à redorer les lettres de noblesse de la pop.

Voici donc mon Top 10 des meilleurs singles de l’année 2010 (merci Grande Bretagne) !

9.  Rock de base, cheap à l’os.

Émotions ressenties : incompréhension, malaise et un petit peu de colère aussi…

Émile est un nouveau chanteur de la scène musicale québécoise.  Son premier extrait, Les femmes, laisse perplexe.

10.  La guerre en Afghanistan.

N’importe quoi contre quelques clics d’internautes en mal de fantasmagorie militaire.

Soldats, une discussion de groupe devrait être organisée pour chercher ce que vous essayez de catalyser ou d’exacerber avec ce genre de performance.

L’apocalypse de 2012 s’en vient, mais avant que mon blog implose de lui-même, j’ai bien l’intention de poursuivre mes épanchements sur des sujets aussi variés que le conflit entre les deux Corées ainsi que de l’ascension fulgurante de la chanteuse IMA dans les casino-bars de Dubaï.

Merci pour ce palmarès.

Les bilans du mois de décembre.  La période de l’année où l’on regarde par-dessus son épaule en criant :
« JUGEMENT ! »

J’avais envie de faire l’exercice sur mon blog.  Mais quel sujet aborder ?  Celui sur lequel j’ai déjà écrit 40 billets : la musique pop, ses chansons, mes coups de coeur.

Cette année, on a vu surgir de nouveaux visages très prometteurs et qui ont aidé à redorer les lettres de noblesse de la pop.  Voici donc mon Top 10 des meilleurs singles de l’année 2010 (merci Grande Bretagne) !

1.  Gabriella Cilmi – Hearts Don’t Lie

Le disco n’est pas mort, il a ressuscité des morts et prend aujourd’hui l’apparence de Gabriella Cilmi.  Avec Hearts Don’t Lie, l’australienne signe ici un de ses titres les plus efficaces.  Addictif et groovy à souhait !

2.  Scissor Sisters – Any Which Way

Un comeback réussi !
Le son des Scissor Sisters s’est adapté aux années 2010 en dosant à la perfection leur côté rétro.  Any Which Way est un des très festifs titres de leur Night Work.

3.  Marina & The Diamonds – Oh No!

Une des jolies découvertes de 2010.
Ce bijou grec n’a pas eu peur de plonger tête première dans la culture pop.  Extrait d’un album rafraîchissant, coloré et intelligent du début à la fin.

4.  Kylie Minogue – All The Lovers

La princesse de la pop a frappé fort avec le premier single d’Aphrodite.
All The Lovers, en plus de donner à tous coups le goût de danser, nous fait planer sans avoir besoin de consommer.

5.  Brandon Flowers – Only The Young

L’aventure solo de Brandon Flowers pouvait sembler superflue.  Only The Young a confirmé que le projet était bel et bien justifié.

Les autres Killers n’ont qu’à bien se tenir.

6.  Mika – Kick Ass

Mika commençait à tourner en rond, déjà.
La possibilité d’écrire la chanson thème du film Kick Ass a été salutaire.  J’espère qu’il osera davantage pour son prochain album.  Un renouvellement s’impose !

7.  Maroon 5 – Misery

Ils savent comment composer un hit radio.
Toujours aussi efficace qu’à l’époque de This Love, aujourd’hui Maroon 5 maîtrise à la perfection leur son rock dansant.  Ça donne la pêche !

8.  Hurts – Wonderful Life

Gros coup de coeur pour ce nouveau duo électro-pop.  Avec Wonderful Life, Hurts a eu une incroyable carte de visite.  Autant la chanson que le clip ont très bien su présenter leur univers froid et mélancolique.

9.  Sia – Clap Your Hands

Sia n’est pas l’éternelle dépressive comme certains de ces précédent singles nous laissaient croire.
Clap Your Hands a été un single locomotive fort pour son dernier album lumineux, frais et dansant.

10.  Mylène Farmer – Oui mais… non

Son nouvel album n’est pas encore sorti au Canada, mais ce premier single annonce un nouveau son, une nouvelle prose…
Pour moi, Oui mais… non penche davantage du côté « oui » de mon coeur.

Mention honorable

0.  Alizée – Les collines (Never Leave You)

Cette chanson n’a pas ébranlé grand monde, mais je salue l’audace d’Alizée d’être sortie de sa zone de confort.  Maintenant, il lui manque le courage de défendre ses choix artistiques.  Ça viendra, on l’espère…

Le port de plaisance de Marina.

La Grèce regorge de talents musicaux.  Mais depuis plus d’un demi-siècle, Nana Mouskouri et ses lunettes aux montures proéminentes font de l’ombre aux autres talents émergent de l’acropole.  Bien qu’élevée dans le Pays de Galles, Marina Diamandis a sans conteste hérité du tempérament explosif de son père d’origine grecque.  On raconte qu’après avoir ratée une audition pour jouer dans la comédie musicale Le Roi lion, elle aurait pété une solide et mémorable coche devant le panel de juge avant de prendre la décision de dorénavant n’en faire qu’à sa tête.

Le méchant ayant été évacué, les choses s’enchaînent incroyablement bien depuis pour Marina & The Diamonds.  Son premier album The Family Jewels était à peine sorti au Royaume-Uni qu’il recevait déjà la deuxième place dans le classement du meilleur album par la BBC Sound of 2010.  Le single I Am Not A Robot a séduit le grand public en un rien de temps.  Personnellement, c’est sa chanson Oh No qui m’a donné un coup de massue.

Diamandis a un style bien personnel.  Sa façon de chanter et de mordre intensément dans chaque syllabe est unique.  Sur son album, les titres poppy et new wave côtoient les morceaux plus mélancoliques et forment un tout très cohérent.  La jeune fille est sûre d’elle et apporte en même temps une naïveté rafraîchissante.  Sa musique est définitivement à l’image de la nouvelle pop contemporaine, mouvement en pleine explosion du côté européen.

Par la force des choses, l’album réussira à s’imposer de ce côté de l’Atlantique.  Après une sortie confidentielle le 25 mai dernier, les médias gossip américains commencent tranquillement à parler du brillant phénomène.  Si Perez Hilton en a fait sa nouvelle obsession, Katy Perry déclare pour sa part à qui veut bien l’entendre qu’elle désire plus que tout au monde une collaboration avec le bijou grec.