#ForeverAlone

#ForeverAlone

J’étais dans un café et j’attendais un ami.  J’attends souvent après mes amis.  J’ai le don de me tenir avec des personnes constamment en retard.  Et moi, je suis toujours 15 minutes en avances.  Je me retrouve donc à attendre, tout le temps, après tout le monde.

J’étais dans un café et j’attendais un ami.  L’été, c’est parfois embêtant.  Rester trop longtemps sur le même coin de rue, en fixant les passants d’un regard interrogateur, en espérant qu’un miracle se produise…  Jusqu’à ce qu’un jeune assoiffé de sensations fortes t’interpelle.  Avoir l’air du dealer de drogue du quartier : la honte.

L’hiver, au moins, je peux attendre à l’intérieur d’un café, en sirotant une boisson chaude tout en ayant l’air 100% carpe diem alors que dans ma tête, je cris : « Tabarnak ! »

J’étais dans un café et j’attendais un ami.  Un autre homme semblait avoir eu la même idée que moi : attendre quelqu’un à l’intérieur, au chaud, latte à la main.  Seulement, son carpe diem était beaucoup plus convainquant que le miens, n’ayant aucune gêne à parler tout haut, clamer ce qui le dérange, le choque ou le passionne.

Je regardais cet homme s’époumoner en solo et sentais le malaise grandir en moi.  Parler tout seul dans un endroit public est, de nos jours, considéré comme louche, voire comme un signe de maladie mentale.  Mon voisin de table était définitivement atteint.

Hier soir, j’étais en feu sur les réseaux sociaux.  Devant ma télé et téléphone intelligent à la main, je twittais à la vitesse de l’éclair toutes les réflexions qui me passaient par la tête.

Vicky Marchand… J’avais son album lorsque j’étais ado. #AdolescenceDeMarde #LaVoixTVA

Denise Bombardier a l’air confuse. Anyway, je la préfère avec une boîte de carton sur la tête. #TLMEP

Câlisse, j’ai renversé mon thé sur mes jeans. J’ai la fourche à steam ! #Fail

J’ai la fâcheuse tendance à m’épancher sans cesse, en parlant de tout et de rien.  Mon blogue en est d’ailleurs un excellent exemple.  Mais devoir résumer sa pensée en 140 caractères est un art que j’arrive difficilement à peaufiner.

Même si j’étais fier de ma soirée intensive de twittage random, elle avait toutefois une petite sensation douce amère.  Personne ne me répondait.  C’est comme si je parlais à un mur, ou pire, à un ami imaginaire.

À ce moment, j’ai réalisé que je n’étais pas mieux que l’itinérant volubile du café.  En fait, j’étais exactement comme lui : 100% débile heureux en parlant tout seul dans une pièce remplie d’invités qui te regardent t’enfoncer dans ta propre solitude.

Et c’est d’autant plus la honte puisque les écrits restent.  Je serai donc « forever alone » pour l’éternité.

Ceci dit, y en a-t-il vraiment qui prennent leur pied avec Twitter ?  À part pour les personnalités connues qui utilisent ce médium afin de se complaire à travers l’amour direct de leurs fans, à quoi ça sert ?

En attendant ma réponse, je resterai un énorme boulet, une baleine de ce réseau social, à l’image de celle affichée lorsque le site éprouve des difficultés.

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100% datasexuel.

100% datasexuel.

Suis-je un douchebag ?  Je l’ai déjà été sans le vouloir, mais je suis maintenant passé à autre chose…

Suis-je un hipster ?  Paraîtrait que oui, mais sans « effluves odorantes » ou autre négligence corporelle savamment étudiée.

Suis-je un geek ?  Le bébelles techno m’intéressent et je porte des lunettes.  Par contre, essaye pas de me faire écouter les deux trilogies Star Wars.  Je vais faire des plaques.

Une chose est sûre cependant, je commence à devenir définitivement accro à Twitter !

Je twitte pas tant que ça et j’avoue ne pas bien savoir comment résumer ma vie en 140 caractères.  Cependant, j’adore lire ma tweet list, les hashtags tendances…  Ce week-end, j’ai véritablement passé le nez collé sur l’écran de mon téléphone intelligent.

– Bon ben y’a pas de doute, t’es un datasexuel.
– Un data…  Pardon ?
– Datasexuel.  Et t’as une tache de moutarde su’l menton.  Just sayin’.

Je ne sais pas pour vous, mais il me semble que la vitesse à laquelle on me colle des étiquettes est exponentielle.  Je commençais tout doucement à me faire à l’idée qu’être fermier urbain avait ses avantages.  (Comme avoir d’importants rabais sur la collection de poêlons de Ricardo !)  Être datasexuel, vraiment, je m’y perds.  Tiens, je vais twitter à ce sujet.

Paraîtrait que je suis datasexuel. Aucune idée de ce que c’est. #LaPuissanceRègneDansMonPantalon

L’esprit du temps qui a fait émerger le métrosexuel, l’homme urbain obsédé par son style et son apparence physique, est en train de donner naissance à son équivalent numérique : le datasexuel.  Plus narcissique que le métrosexuel, plus connecté que le hipster et plus cool que le geek, le datasexuel fait tout doucement son entrée dans le lexique urbain.

I’m checking in au Gala Artis. Je viens tellement de me faire photographier par HollywoodPQ. #JaiLesChevillesEnflées

Les datasexuels seraient une espèce en voie de multiplication : très soucieux de leur e-réputation, ils partagent allègrement leurs informations personnelles sur les réseaux sociaux et autres espaces Web 2.0.  Ils estiment que cette abondance de données personnelles fait d’eux quelqu’un de sexy, d’enviable.

En plein coeur de la 97e manif nocturne, je viens d’allumer un feu avec mes jeans Point Zero. #AppelezMoiLeCheDeVilleray

Le datasexuel est continuellement connecté et il enregistre obsessionnellement tous les aspects de sa vie.  Bon, j’avoue que ça peut ressembler aux habitudes de n’importe quel geek qui se respecte, mais la grosse différence vient du fait que le datasexuel pense que ses données sont sexées.  Sa vie, du point de vue des données, est parfaitement stylée.

Voici mon dernier billet d’humeur sur un sujet chaud d’actualité. #MonOpinionEstLaVérité #Boner

L’ère du datasexuel pénètre aujourd’hui la sphère du mainstream, du grand public.  Nous utiliserons prochainement, et de façon très anodine, nombre d’appareils et d’applications hyper vigilantes, et partageront nos informations personnelles, parfois même sans le savoir, avec notre entourage, voire avec de parfaits inconnus.  Pourquoi le ferons-nous ?  Parce que nous trouverons cela simple, convivial, utile, cool, et extraordinairement sexy…  Pour afficher aux autres nos performances sportives, nutritives, professionnelles, culinaires, artistiques, etc.

Je viens de marcher dans de la marde de chien. #XavierDolanMeTrouveVraimentFunné